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 I don't feel a thing and I stopped remembering || Oktovius

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Scylla Helvetia
all men must live

MESSAGES : 298
AVATAR : Noomi La Magnifique Rapace.
CRÉDITS : Deux minutes!

ÂGE : Trente Cinq Ans.
NATION : Nation de l'Eau. Eau assombrie des corps maudits.
STATUT CIVIL : Célibataire. Eperdue dans les mondes naïfs.
DAEMON : Obéron. Chat de Pallas insolent et bavard.
ALLÉGEANCE : A ses idéaux. Pacifisme embarassant et hypocrite attaché à la voie d'un gouvernement belliqueux.
MessageSujet: I don't feel a thing and I stopped remembering || Oktovius   Sam 1 Aoû - 15:39

Rares étaient devenues les journées vertueuses, celles où elle s'évertuait à faire ce qu'il y avait de mieux pour tout un chacun, pour faire ce qu'il y avait de préférable au sein même de son existence. Les événements qui s'étaient écoulés quelques semaines plus tôt, n'avaient pas été de tout repos, et elle en gardait encore les marques. Hématomes violacées et autres coupures qui jonchaient son corps, lui faisant encore regretter ses choix idiots de se mêler à des festivités qu'elle aurait autrefois renié. Elle se disait, avec toute l'innocente réflexion dont elle était capable, que ce n'était qu'un moment de folie, et elle n'en incriminait personne d'autre que son propre subconscient légèrement déficitaire. La vérité était toute autre, cachée par les œillères qu'elle préférait garder pour ne pas trop avoir à en souffrir. La vérité était ravalée pour ne pas avoir à la revivre sans cesse, enfouit sous les gravats d'un cœur fracassé pour ne pas avoir à les affronter. Un peu, un tout petit peu, juste pour pouvoir continuer à donner le change, à se fendre d'un sourire qui ne pouvait tromper que ceux qui souhaitaient vraiment l'être. Ainsi, elle avait eu besoin de changer d'air, de respirer un peu plus et de ne plus être aux prises avec la monotonie de l'instant présent, et comme un appel à ses prières étaient arrivés jusqu'à chez elle ces petits cartons d'invitations auxquels elle n'était pas tout à fait étrangère. Un rappel à sa mémoire, comme un coup de couteau dans le cœur. Certains réussissaient là où cela lui semblait à jamais être interdit. Elle en pleurait, silencieusement, d'autant de douleur que d'abandon, et se décidait à partir.

Une semaine, peut être deux, s'étaient écoulées. Elle avait perdu le fil des jours qui se suivent, cessant de regarder par la fenêtre pour observer le soleil décliner puis se relever. Elle avait simplement choisi de prendre le temps de vivre autre chose, de penser à autre chose, de revenir aux sources pour mieux continuer à exister. Pour ne plus subsister. On ne pouvait, néanmoins, pas dire que son arrivée à Lumisol, dans l'ancienne demeure familiale, avait suscité des torrents de joies et de larmes. Il n'y avait pas de quoi s'en plaindre, elle n'appréciait que trop peu les effusions, et quand au vu des quelques maigres résultats que son ouverture avaient donné, mieux valait pour elle continuer à vivre ainsi. Les jours s'étaient ainsi écoulés. Mornes. Moribonds. Funestes. Sans grand intérêt si ce n'était celui de la faire sombrer dans les souvenirs d'une enfance lointaine qui, fut un temps, avait été heureuse. Elle ne s'éprenait pas de l'idée que tout aurait pu être différent, elle en oubliait la teneur. Le passé ne pouvait être changé.

Puis arriva le grand jour, celui qui l'avait fait revenir sur ses pas, revenir en cette ville qu'elle avait, en quelque sorte, reniée. Le grand jour pour certains, une épreuve pour elle. Un vent de changement battait sur les plaines de la nation de l'eau tandis qu'elle s'évertuait à changer tout ce qui la démarquait de ce qui avaient été et seraient à jamais les racines de son existence. Nul ne viendrait tenir son bras en cette cérémonie, elle se montrerait gracieusement seule, presque abandonnée, lors de cette cérémonie. Et parée de la tenue marine des Helvetia, elle tacherait de faire honneur à son nom autant qu'à ses hôtes qui étaient là pour célébrer l’événement. Elle le ferait pour eux, pour les apparences, et surtout pour tenter d'effacer ce que la vie semblait avoir toujours voulu lui refuser. Une façon bien terrible d'exorciser les démons qui venaient sans cesse frapper contre ses tempes, qui faisaient vriller la moindre de ses pensées.

Poussant les portes en ombre solitaire, elle s'avançait pour prendre place dans la marée humaine qui, après une cérémonie fort appréciable, se pressait autour du couple. Elle y jetait un coup d’œil comme pour s'assurer que ses amis, très bons amis, ne manquaient de rien. Juste un coup d’œil et déjà elle préférait de loin s'en éloigner. Elle avait été témoin en ce mariage, un fort pitoyable témoin pour ce qu'elle en connaissait, et préférait de loin ne pas ternir ce tableau aux éclats idylliques. Qui plus est, son esprit semblait encore être brouillée par la vision, impromptue, dont elle avait été témoin lors du mariage. Esquisse d'un souvenir, vacillant entre tendre et infâme, qui s'imposait en leur présence. Elle avait détourné les yeux mais son esprit y était resté encré. Profondément harnaché à son âme, harponné mortellement. Sanglante prise de conscience qui faisait tourner en sa tête une seule et unique autre chose : elle avait besoin d'un verre.

Besoin urgent qui la faisait déjà tanguer sur ses hauts talons. Perdue entre les boucles échevelées de sa crinière brune, elle lançait un vague geste de la main au serveur qui, certainement au vu de sa mine peu réjouit, compris qu'il lui faudrait un peu plus qu'un simple remontant. Double dose d'un alcool incertain, elle ne prenait pas même le soin d'en sentir les fragrances qu'elle en avalait le contenu du verre, regrettant presque immédiatement cette soudaine bravade. L'alcool lui brûlait la gorge, et portait à ces yeux quelques larmes qu'elle ravalait à force d'une inspiration profonde. Il fallait désormais faire bonne figure, et tout en ce faisant, elle attrapait le bras de la première personne qu'elle croisait, lui adressant son plus beau sourire pour mieux se mêler aux festivités qui battaient jusqu'alors leur plein.


In the waves I’ve lost every trace of you

Where the light shivers offshore through the tides of oceans we are shining in the rising sun. As we are floating in the blue I am softly watching you. Oh boy your eyes betray what burns inside you. Whatever I feel for you, You only seem to care about you. Is there any chance you could see me too? Woodkid, I love you.
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Októ Belinski
all men must fight

MESSAGES : 829
AVATAR : Tom Hardy.
CRÉDITS : Babine, tumblr (inconnu), PATHOS (code signature), Présidente Lilian pour la ban' susu la famille.

ÂGE : Trente-cinq ans, un âge qu'il ne pensait jamais atteindre un jour pour être honnête. Il porte les stigmates du temps et des événements, un livre d'histoire tracé à même la peau.
NATION : L'air. Déracinée, engourdie, effacée, comme un lointain souvenir ; la nation des parias et des gosses en manque d'amour.
DON : Sixième sens. Októ voit dans ses songes ou dans des impressions furtives montées du bide, sans savoir ou sans vouloir l'admettre, les produits d'une magie dont lui-même s'étonne sans cesse. Il partage ce don avec son jeune frère Kael mais sans en cerner tout à fait les pouvoirs incroyables.
STATUT CIVIL : Il n'a de douceur et d'amour que pour une fille de l'eau qui lui a volé depuis plus de vingt courtes années son esprit et ses sens, à le rendre fou et con.
SIGNE DISTINCTIF : Victime d'un souffle lors d'une explosion ayant partiellement endommagée sa colonne vertébrale et sa jambe droite, Októ boîte visiblement. Ses tatouages ont recouvert les cicatrices mais les douleurs n'ont pas abandonné sa carcasse.
DAEMON : Une petite pie bavarde répondant au nom d'Agata. Sa queue et ses ailes sont abîmées et par conséquent, elle flotte plutôt qu'elle ne vole, portée par les courants aériens.
ALLÉGEANCE : Pour toujours obligé à sa cause, l'enfant des bourrasques. Animé par la tristesse plus que le désir de vengeance, il s'active aux côtés de la Rebellion pour ce qu'elle représente d'espoir.
MessageSujet: Re: I don't feel a thing and I stopped remembering || Oktovius   Dim 2 Aoû - 20:41

"Ne bouge pas." La lame du rasoir frôle sans blesser la peau blanche et lisse de sa nuque. Le geste est sec, précis, incisif. Dans le reflet du miroir qui lui fait face, Októ observe d'un sourire le visage concentré et ferme de la femme qui le surplombe. Le roux de ses cheveux fait ressortir l'éclat bleuté de ses yeux, physionomie antagoniste, belle sans être sophistiquée, d'un naturel classieux, inhabituelle. Mystérieuse. De quelques années sa cadette, Héra avait été élevé dans une pure tradition théâtrale ; élevée au sein de la nation du feu, d'une mère comédienne aux humeurs tragiques, elle subjuguait son monde de sa prestance et de l'attention toute particulière qu'elle mettait à faire de sa vie un conte, une histoire. Une aventure. Il n'était pas un geste, pas un mot qui ne soit dicté par des impératifs moins dramatiques que ces saltimbanques endimanchés des scènes de la capitale, portant ses apparitions à l'état de représentation. Si ce goût pour le spectacle avait répugné Októ dès les premières minutes de leur rencontre, il avait fini par se complaire de ses jeux comme de la beauté idéale de son visage. Penchée sur son cou, elle s'affairait à l'élaboration de sa coupe, plus obnubilée que jamais par le soucis du détail. Il en souriait d'une affection tendre, et lorsqu'elle eut terminé son office et le remarqua, elle lui donna une petite tape à l'arrière du crâne dans une moue boudeuse. "Là. C'est quand même mieux comme ça, non ?" Il baissa les yeux pour s'apercevoir pour la première fois. Exit la bataille bordélique d'une frange douteuse, d'une barbe envahissante, d'une nuque recouverte ; elle avait redonné un semblant de vie aux allures clochardes de son apparence, délivrant d'un surplus de chevelure, l'éclat d'un regard plus vert que jamais. "Question de point de vue, hein." Railla Októ en pivotant vers la jeune femme. "Mais merci." Elle déposa un baiser sur le haut de son crâne avant de s'échapper dans un sourire en direction de la petite chambre adjacente.

Prévenu avec une avance considérable compte tenu des relations plus qu'amicales qu'il entretenait avec les héros du jour, Októ avait depuis longtemps prévu et attendu ce voyage pour Lumisol avec une certaine hâte. Bien qu'il quittait à grand regret son fief natale, l'opportunité de se changer les idées suite au meurtre de Piotr et aux évènements qui avaient touché la capitale quelques semaines auparavant serait la bienvenue. S'il avait néanmoins prévu de s'y rendre seul, Héra avait contrarié ces plans en apercevant posé sur un des bouts de comptoir de l'auberge, les lettres or et azur du carton d'invitation. Elle adorait les mariages et l'occasion de porter la dernière robe de sa collection et de d'afficher en public l'avait fait frétiller d'enthousiasme. Si bien qu'Októ n'avait pas osé le lui refuser. Son optimiste et sa bonne humeur maladive qu'elle partageait allégrement avec lui depuis quelques semaines avaient su l'attendrir plus que d'accoutumé ; une réaction, certainement, comme un bol d'air frais et revigorant, après plusieurs mois compliqués qui avaient pesé sur sa conscience et son cœur. Ses sommeils étaient agités de rêves dont il n'était plus sûr de la teneur prophétique ou mémoriel, des scènes de cauchemars et de mort qui le transfiguraient d'angoisses perceptibles. Il n'avait trouvé refuge que dans le pratique ou le facile, d'accessibles mais éphémères cachettes comme celle des doigts d'Héra à sa nuque. Son sourire pathétique. La célébration d'un mariage.

Il y avait plus de sept ans qu'Októ n'avait pas mis les pieds dans ces territoires, et le souvenir de la beauté de ces paysages ravivaient de nouvelles douceurs. Les unions des hommes et femmes du peuple de l'eau comptaient parmi les plus belles du royaume ; des tentes étaient souvent levés en bordure de rivière, on chantait et riait en partageant d'agréables festins qui semblaient ne jamais se tarir, et les lanternes finissaient par illuminer la soirée ponctuée par des danses et des baignades. Ils avaient assisté à la cérémonie dans le plus grand sérieux et avec beaucoup d'émotion, en bordure d'un lac comme on en comptait beaucoup dans ces contrées. Héra, resplendissante dans sa robe sophistiquée couleur de sang, avait même versé une larmichette lors de la prononciation des vœux. Bien que le spectacle n'inspire que du bonheur à Októ, ce dernier avait cependant gardé sa tête baissé pendant une grande majorité de la cérémonie, afin d'éviter de croiser le regard de la femme qu'il s'était attendu de part leurs connaissances communes, à trouver en ces lieux et à cette date. Scylla, témoin des heureux élus, dont le brun nouvellement ambrée de sa chevelure et la tenue de cérémonie traditionnelle de la famille Helvetia, laissait deviner d'autrement plus aguichantes tentations qu'il préférait ne pas affronter directement.

On avait dressé des tablées à l'ombre de pins tranquilles, et la cérémonie achevée, la foule de la famille et des amis se dirigea vers le banquet. La nuit avait commencé à tomber et jetait son aurore orangée, féérique et calme, sur les paisibles festivités. Une musique traditionnelle et entraînante résonnait dans la vallée. Avachis sur un banc en compagnie du jeune marié, la chemise ouverte sur les tatouages des flèches de sa nation, Októ laissait s'échapper une large fumée blanche de l'embout de sa pipe, qu'il avait fourré avec le fort tabac de la région. Les nappes brumeuses faisaient de petits nuages au-dessus de sa tête, et il resservit un verre à l'heureux époux avant de trinquer poliment : "A la tienne. Et à ta femme et les nombreuses autres qui suivront sûrement." Le groom eut un rire amusé. Alec était un grand garçon à la silhouette élancée, aux yeux tirés comme ceux de son daemon, un aigle royal s'était posé sur une branche non loin de là aux côtés d'Agata. Ils avaient partagé leurs années d'académies avant de combattre tous les deux dans les conflits qui avaient déchiré leurs nations. De cette période morose, Alec avait gardé un œil crevé qu'il dirigeait vers son ami à l'instar de son sourire ravi. "Merci. Puisse t-on également célébrer le tien dans un avenir proche." Lança t-il discrètement en sirotant son verre tandis qu'Héra approchait bruyamment en hurlant de rire. "Októvíus ! Viens danser!" L'intéressé redressa la tête en faisant la moue. "Ah non." "Ah si." Renchérie la fille du feu en attrapant son bras pour le tirer vers elle. L'aîné Belinski adressa sa grimace la plus dégoûtée et suppliante à son ami qui se contenta de le pousser davantage vers l'électron libre. Il se laissa entraîner d'un soupir parmi la foule, Héra bousculant tout ce qui pouvait l'être pour leur frayer un passage. Son épaule heurta assez durement celle d'une autre convive et au moment de se retourner pour s'excuser, il rencontra le regard ébène et tendre, de celle qu'il s'évertuait à fuir depuis des heures. "Bonjour." Dit Októ d'un sourire, une fois la surprise écoulée. Il n'eut pas le temps d'en dire plus qu'Héra l'avait entraîné un peu loin contre elle en riant de sa bonne humeur maladive.


devour your kings
Bring me your war—  split open my mouth and make me wolf; I’ll let the sea seep through me until its machine is nothing but rust.


BITCH, IM FABULOUS.
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Scylla Helvetia
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MessageSujet: Re: I don't feel a thing and I stopped remembering || Oktovius   Lun 3 Aoû - 16:17

La tempête s'annonce. Ouragan dont les vents secoue la houle et emporte la mer sur les terres. Alliance sauvage qui se heurte et se brise sous l'abrupte falaise qui les sépare. Écume d'un jour qui se teint du carmin de ses veines ouverte sous la brisure du reflet. Déjà s'ébranle les certitudes d'antan pour ne plus laisser que l'étoile qui lui défigure la face pour ne plus rien lui laisser entrevoir d'autre que son faciès monstrueux. Il lui faut fuir sous la bourrasque, plonger dans les eaux sombres pour ne pas avoir à sombrer dans l'azure, pour ne pas avoir à affronter le manège des vents, pour ne plus être cette girouette qui pivotait à ses quatre vents. Une rasade de l'eau de Lethée, et plus jamais elle n'aurait à sen soucier, mais à cela elle préfère l'ambre des odes de Bacchus qui lui tranche la gorge et fait rouler ses yeux ébahis. Elle veut bien oublier, mais pas à jamais. Entraînée dans les roulis des vagues, elle se retient pour ne pas s'abandonner à cette ultime facilité, elle s'y fait saigner les mains, s'y arrache les cheveux, se fait emporter mais jamais ne renie ce qui a un jour existé. Elle se fait ancre que nul ne peut arracher à son récif, rien d'autre qu'une volonté que Neptune saluerait.

Sa gorge se fend alors d'un rire. Gorge déployée pour celle qui n'émet d'ordinaire aucun son plus haut que ceux de ses soupirs. Les regards sont surpris, pas désagréablement, juste terriblement désarçonné par le son de cette voix si fluette que personne n'aurait su deviner. Rien de bien intelligible, à peine plus qu'un mince rire qui s'efface alors qu'on la bouscule. Hoquet de surprise qui lui fait détourner les yeux, elle cesse de nager dans les courants de ces eaux chaudes, et soudainement faite de plomb, elle se sent tirer par le fond. Force invisible qui la comble d'une vide et lui glace le sang. Aucun salue ne vient quand il se prend de quelques politesses, et les mots déjà meurent sur le bord de ses lèvres alors qu'ils se font entraîner chacun de leurs côtés par les vents contraires. La terre tremble sous leurs pieds, les ébranle et plus encore les sépare un peu plus. Elle lutte en vain contre l'envie de regarder par dessus son épaule, elle ne veut rien pouvoir voir pas plus qu'elle ne veut entendre quoi que ce soit de cette douloureuse évidence. Celle qui lui laisse à penser que l'être aimé à réussit là où elle ne peut qu'échouer. Page tournée sous les éclats de rires et les folies d'une créature sculpturale.

Elle s'effondre sous ses jambes tremblantes et n'est rattrapée de justesse que par son compagnon de fortune. Il exprime son inquiétude, elle lui fait signe que tout va bien. Pieux mensonge dont elle se pare pour mieux ne pas avoir à répondre sur l'autel des condamnés, et elle feint alors tout l'amusement dont elle est capable. Dansant avec maints cavaliers dont les visages sont autant d'inconnus sur lesquels elle ne veut mettre aucune nom tant le sien à lui prend encore trop de place au sein de ses pensées les plus obscures. Journée de liesse dont certains profitent encore tandis que les pâles lueurs du jour se meurent sous les chants des oiseaux crépusculaires, et tout à leur fête elle préfère de loin s’éclipser sur les landes d'un pays qu'elle a jadis abandonné tant elle fut heurtée par son manque de sensibilité. Peu coutumière de temps d’excès, elle ne peut marcher droit, elle n'arrive qu'à maintenir l'illusion d'être encore assez digne pour se débrouiller seule. Maladroitement, elle se défausse de ses chaussures, goûtant au plaisir de la fraîcheur de l'herbe sous les pieds nus, puis, un à un se mettent à tomber les parures les plus lourdes de sa tenue à mesure qu'elle s'éloigne des tambours battant pour le calme de la nuit.

Les crapauds et les grenouilles chantent entre les roseaux, sautillant gaiement entre les nénuphars. Eux au moins ont la chance de ne pas être soumis aux affres de l'humanité. Lourdement elle choit sur son postérieur, grimace en sentant quelque chose écorcher sa peau sous l'ultime robes faites de voiles légers qui recouvrent son corps, mais bien vite elle en oublie la teneur pour mieux plier ses genoux tout contre son menton, observant les reflets de la lune se brouiller sous la nage des têtards. Sa peine peut désormais s'écouler. Sa colère peut être laissée aller. Furieuse se fait alors l'envie de tout fracasser, et l'eau sous ses yeux se charge de quelques remous tandis que la menace grandit en elle. Elle veut que cette autre disparaisse, elle veut qu'il ne lui soit plus jamais donné la possibilité d'exhaler de ses parfums et autres féminité dont Scylla n'est pas capable. La haine est profonde, peu enviable, et déjà les idées les plus macabres l'assiègent jusqu'à ce qu'un bruissement l'en fasse s'en détourner. D'un bond, peut être immature, elle se réfugie sous les eaux. Elles ne sont pas froides, au contraire, elle s'apaise un peu. A peine assez pour l'empêcher de refaire surgir la rage qui s'éprend d'elle, sans limites, inhibées, quand la masse de l'homme se fait entrevoir dans la nuit.  

La vague est alors monstrueuse, terrible, déroutant presque le débit d'une rivière pour servir une vengeance. Et c'est avec fracas qu'elle la voit se heurter à la berge. Folle de rage, elle retombe dans le silence, se mue dans l'abîme jusqu'à ce que l'air lui manque. Remontée à la surface, elle observe sans mot dire. Elle espère l'avoir effacé le fantôme de ses rêveries, juste un peu, à peine plus que le temps d'un souffle. De ce souffle qui se perd tandis qu'elle n'en voit pas la forme dans l'horizon, elle se fend de panique et perd ses moyens sous la houle de sa rancœur. Elle souffre. Elle souffre terriblement de sa présence comme de son absence.


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Októ Belinski
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ÂGE : Trente-cinq ans, un âge qu'il ne pensait jamais atteindre un jour pour être honnête. Il porte les stigmates du temps et des événements, un livre d'histoire tracé à même la peau.
NATION : L'air. Déracinée, engourdie, effacée, comme un lointain souvenir ; la nation des parias et des gosses en manque d'amour.
DON : Sixième sens. Októ voit dans ses songes ou dans des impressions furtives montées du bide, sans savoir ou sans vouloir l'admettre, les produits d'une magie dont lui-même s'étonne sans cesse. Il partage ce don avec son jeune frère Kael mais sans en cerner tout à fait les pouvoirs incroyables.
STATUT CIVIL : Il n'a de douceur et d'amour que pour une fille de l'eau qui lui a volé depuis plus de vingt courtes années son esprit et ses sens, à le rendre fou et con.
SIGNE DISTINCTIF : Victime d'un souffle lors d'une explosion ayant partiellement endommagée sa colonne vertébrale et sa jambe droite, Októ boîte visiblement. Ses tatouages ont recouvert les cicatrices mais les douleurs n'ont pas abandonné sa carcasse.
DAEMON : Une petite pie bavarde répondant au nom d'Agata. Sa queue et ses ailes sont abîmées et par conséquent, elle flotte plutôt qu'elle ne vole, portée par les courants aériens.
ALLÉGEANCE : Pour toujours obligé à sa cause, l'enfant des bourrasques. Animé par la tristesse plus que le désir de vengeance, il s'active aux côtés de la Rebellion pour ce qu'elle représente d'espoir.
MessageSujet: Re: I don't feel a thing and I stopped remembering || Oktovius   Mar 4 Aoû - 17:22

L'ouragan s'est saisi de sa main et l'entraînait parmi les convives dansant, loin des pupilles fixes et obsédantes qui s'étaient emparées de son cœur. La foule des amis réunis pour célébrer l'union les sépare et les perd, tandis qu'elle se dérobe à son regard et disparaît d'un battement de cil. Il n'ose se débattre d'entre les griffes du geôlier, prisonnier docile, fait ce qu'on attend de lui en se rappelant les belles promesses et le défilé des apparences. Le mensonge de sa position. Car Héra est une diversion, faite de paillettes et de robes flamboyantes, une excuse vraiment, une belle naissance dans son camp pour les dossiers à suivre et les cas de conscience. Une carte à jouer au moment opportun. Une image et une preuve, que l'aîné Belinski en a terminé de ses périodes de sauvageries rebelles pour se ranger dans la file propre et sage des petits soldats parfaits. Qu'il incline, enfin, l'échine, aux pieds des véritables héros, comme le reste de sa race. Un mensonge donc, mais pas une méchanceté. Októ n'a pas pour Héra la plus franche des haines, l'envie profonde d'une souffrance inutile. Elle passe ses doigts dans sa main et il la serre de bonne volonté, un infime sourire aux lèvres. Il n'a pas pour elle des œuvres et des desseins destructeurs, même s'il est bien conscient de qui elle est et représente pour les apparences publiques. Héra est une diversion, oui, une excuse oui, mais celle qu'il faut également pour oublier l'autre, la seule, l'incandescente, la désirée, la rêvée, délicate, doucereuse, Scylla ; parce que le simple fait de la voir réduit sa confiance à l'état de miettes, obscurcit le monde et ses environs pour la transcender de lumière, parce qu'il voudrait se jeter sur ses lèvres et se glisser dans l'étreinte de ses bras blancs dans un soucis primaire de survie. Mais si tout cela lui est interdit alors comment, comment oublier sinon par son contraire, pour tout ce qu'elle incarne et qu'Héra n'est pas et pourtant remplie, ces détails qui les font hétérogènes et antagonistes, différentes et donc si convenables.

Danser ne faisant pas parti de ses talents naturels, et se débrouillant piteusement après plusieurs minutes d'une gêne affreuse ayant fait tourner ses joues au rouge carmin identique à la robe de sa compagne, Októ s'excuse et se tire, avec d'autant plus de joie qu'il ne peut supporter le regard de la foule sur ses maladresses d'ado. La simple idée d'un témoin fait ressurgir ses mal-êtres d'enfance à lui en donner la gerbe. Héra prit deux secondes pour afficher ouvertement sa déception avant de se trouver un nouveau cavalier et d'entamer les présentations avec plus de verve qu'un enfant de dix ans. Októ finit par s'éloigner du gros du troupeau pour venir retrouver la paix, à la recherche d'Alec qu'il avait abandonné dans le coin quelques vingtaines de minutes auparavant. Il l'aperçut finalement dans un coin de la tente, engagé dans une tendre étreinte avec la femme de sa vie, et d'un soupir amusé, l'aîné Belinski récupéra sa pipe encore allumée avant de s'échapper sur les bords du lac. La nuit était à présent tombée et le ciel brillait d'une multitude d'étoiles désintéressées. Les volutes de fumée s'échappaient de ses lèvres en direction de la voute. Il fit quelques pas boiteux en direction de la rive, grimpa non sans une certaine peine sur le ponton qui s'engageait quelques mètres dans le lac. Il n'était là que depuis quelques courtes minutes lorsqu'une vague à la force prodigieuse vint lui claquer dans les jambes, rinçant une bonne partie de son corps.

Októ sur le ponton, a tenu bon. Sur son épaule, Agata agitée lance des cris d'alerte et s'assure de la sureté de son double, qui la rassure de quelques mots soufflées. Il se redresse et scrute alors autour de lui, la source d'un si étrange et inhabituel phénomène. Ses yeux tapissent les obscurités et ne s'arrêtent qu'en rencontrant la haine viscérale d'un visage plus que familier. Il sursaute, surpris de sa présence. "Ah, c'est toi." Lance t-il d'un aimable sourire, pas tout à fait certain d'avoir été visé par cet étrange fait de la nature ou par la colère toute mesurable de Scylla, qui se tient cloitrée sans un mouvement, plus bas dans les flots à quelques mètres de lui. "T'essayes de me noyer ?" Demande Októ en tâchant de détendre l'atmosphère. Son sourire est large mais la menace est réelle. Il se demande s'il n'a pas réveillé le plus douloureux et torturé d'une femme qui n'a plus de mots pour pouvoir encore l'insulter. Pas qu'il ait eu de mauvaises manières, mais Októ pouvait comprendre que la présence à ses côtés d'une femme autre qu'elle, compte tenu leur histoire commune et l'épilogue de leur dernière rencontre, avait certainement réveillé quelques rancœurs qu'elle lui ferait entendre par les seuls moyens offert à sa disposition. Il cherchait malgré lui Oberon du regard comme pour se rassurer d'un être qui avait toujours eu l'habitude de le haïr. "C'est très étrange non ? De revenir ici après tout ce temps..." Sa pipe s'est éteinte, les yeux baissés sur le tabac humide il grogne presque imperceptiblement avant de la fourrer dans sa poche. Son regard erre au loin vers les aspérités de l'horizon, en ces lieux où la moindre goutte est habitée de souvenirs. "Je pensais que je n'arriverai pas à m'orienter dans la ville, en arrivant. Mais rien n'a changé, c'est fou. On dirait que la guerre n'a jamais eu lieu dans cette partie du pays." Si calme. Si prospère. Si éloigné des ruines d'Elioras et de ses villages détruits perdus dans les montagnes. Októ temporise. Októ s'empêtre, dans ses mots, ses états de conscience, ses envies de bien faire. La machine est en marche et elle ne compte pas s'arrêter pour lui. Il s'humecte les lèvres et baisse les yeux vers ses pompes trempées, un pantalon qu'il remonte aux mollets pour s'éviter un nouveau discours humiliant. Il a tant envie de tout lui dire, de s'épandre en question et envie, de lui raconter les histoires fabuleuses qu'il avait collecté toutes ses années pour elle sans pouvoir les partager. Des nouvelles de ses frères et sœurs, des aventures dans les souterrains de la rébellion. Autant de faits et de sentiments qu'il voudrait lui offrir et qui venait se bloquer dans le fond de sa gorge, à lui en donner la nausée. "Scylla ?" Il l'appelle au bout d'un moment. Se tourne finalement vers elle, qui barbote toujours non loin de là. "ça me manque de te parler." Októ déglutit. "Tu penses qu'on pourrait au moins être amis ?"

Il ne veut pas aller trop loin, il ne veut pas l'effrayer. Ou l'attrister, ou l'énerver. Mais c'est un combat difficile que celui de leurs sentiments et il n'a pas trop d'espoir. Il se contente d'improviser. Il va pour s'abaisser à sa hauteur lorsque le bruit d'une course sur le ponton en bois le fait redresser la tête - mais trop tard. D'un rire tonitruant et un peu fou, emportée par son rythme effrénée et l'impatience de sa blague, sans même penser à s'arrêter, Héra le pousse avec la force de son enthousiasme vers les eaux sombres du lac. Il se voit tanguer, les yeux exorbités d'une peur brutale, il entend, sans trop savoir s'il le fabule, les cris de danger et de peur d'Agata qui tente de le tirer vers elle, et son dos, emporté trop violemment, se bloque dans un craquement bruyant qui le fait glapir d'une profonde douleur. Un silence soudain, et le fracas d'un corps dans l'eau. L'espace d'un instant, son regard croise celui de sa consœur, un appel à l'aide, une supplication. Une angoisse démesurée. Ils sont peu, dans ces eaux, à savoir qu'Októvíus Belinski ne sait pas nager.


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Scylla Helvetia
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ÂGE : Trente Cinq Ans.
NATION : Nation de l'Eau. Eau assombrie des corps maudits.
STATUT CIVIL : Célibataire. Eperdue dans les mondes naïfs.
DAEMON : Obéron. Chat de Pallas insolent et bavard.
ALLÉGEANCE : A ses idéaux. Pacifisme embarassant et hypocrite attaché à la voie d'un gouvernement belliqueux.
MessageSujet: Re: I don't feel a thing and I stopped remembering || Oktovius   Mer 5 Aoû - 10:51

Le calme retombe. L'eau redevient dormante. Il n'est plus qu'un léger frémissement sur la surface de ce lac endormi, léger tremblement dont le vent en est la cause, rien qu'un frisson sur sa peau laiteuse. Elle voudrait pouvoir se délayer dans ces eaux, ne rien devenir plus qu'un mince filet cristallin qui ne serait rien d'autre qu'un tout, sans pensées, sans remords, sans le moindre sentiments, juste l'instinct et les houles lacustres. Ne plus rien être si ce n'est une larme dans la pluie. La douleur est trop grande, le besoin de l'exprimer aussi. Sa poitrine se gonfle sous la souffrance, menace à chaque instant d'exploser sous la rage de ses mots qu'elle ne peut exprimer, et déjà sa voix à lui se met à résonner. Propos insipides qui tente vainement de la ménager, puis vient sonner l'heure de cette extrême onction qu'il lui assène. Mortelle hérésie qui lui fait vriller les tempes et bouillir les sangs au creux de ses veines. Il est trop tard, elle le sait, trop tard pour revenir en arrière, pour corriger les erreurs du passé, mais il n'en reste pas moins que sa colère la ronge.

La colère et le désespoir de devoir survivre à cette existence qui ne fait que la rendre plus âcre et aigre quant à ce qu'ils auraient pu être et ne seront jamais, vis à vis à ce mince filet de bonheur qu'il lui jette à la figure comme l'exemple même de ce qu'elle ne peut lui apporter. Coups de poignards au cœur qu'il lui assène quand la demande, dérisoire, d'une amitié se met à résonner par delà l'écho de la musique du mariage. Les mots se bousculent sur sa langue pour prendre forme, et sa respiration se fait aussi saccadée que lors de ces moments d'intense panique. L'eau s'agite autour d'elle, preuve plus que manifeste du trouble qui l'emporte sur sa raison, preuve manifeste de son incapacité à encaisser sa présence et plus encore la souffrance de ses mots. Il se fait bourreau de son cœur, lacérant ses sentiments d'un millier de coups de couteaux hâtifs, bourrasque épineuse qui ne peut que l'achever. La larme coule, roule sur ses joues humides pour s'échouer dans les eaux de se lac. Rien d'autre qu'une larme dans la nuit.

Elle n'a rien à rajouter à cela, rien qui puisse apporter une quelconque solution, et ses poumons explosent sous la violence de ce qu'elle retient. Elle doit partir. Elle le sait. Sa présence ne saurait plus être utile tant son être semble être empreint du deuil de ses espoirs morts sur le champs de  sa latence indécise. Ses yeux se détournent de lui à regret, cassent le fil de leurs conversations muettes, et cherchent le chemin de sa sauvegarder. Instant déconcerté qui la laisse perdu dans le fil de ses pensées tourmentées, souhaitant absolument ne plus entendre les mots qu'ils prononcent, les suppliques avortées. Elle croise le regard luisant de Oberon, un peu plus loin, il veille sur elle sans un mot. Il sait que c'est à elle de régler cette histoire, il sait qu'il ne doit plus s'en mêler, pourtant elle sent la fureur du chat s’éveiller et avec elle l'envie d'en découdre avec celui qui a toujours considéré comme un vile inopportun. Elle ne lui fait pas le moindre signe, se contente de nager doucereusement vers la berge pour mieux s'en extirper sans avoir à passer à ses côtés à lui.

Lentement, elle se hisse entre les herbes folles, et s'extirpe de son bain. Elle se redresse, expose son corps diaphane à la lumière de la lune. Pans humides de ses voilages qui ne savent rien cacher, pas même aux yeux les plus chastes. Instant de calme que trop plein des volutes du silence qui l'envahissent. La sensation est agréable mais déjà se brisent d'un rire qui fend l'air suivi d'un cri rauque qui se noie. Elle se retourne à peine pour assister à la scène qui la laisse interdite, consternée par autant de stupidité dont elle même n'avait pas même pensé à en lui l'affront. Elle n'attend pas même que la peur le submerge comme il lui fait craindre le pire à chacune de leur rencontre. Elle ne pense pas même à le faire souffrir pour toutes les entailles à vif qu'il a laissé. La peur de la noyade est trop forte. La peur de le perdre est intense. Plus jamais entend-elle résonner dans ton son corps, et déjà elle se retrouve de nouveau dans l'eau. Le contact naguère rassurant se referme déjà sur elle, la panique de son être n'en devient que moins gauche que par l'assurance de son don.

Ses mains s'accrochent à ce corps lourd qui se laisse ainsi couler, et elle ne l'en ressort que par le prix d'un immense effort. Elle ne s'assure pas même qu'il respire, Oberon le fait au travers d'une Agatha déboussolée qui ne cesse de piailler au dessus de sa paire ainsi délaissée. Elle n'est que torrent de fureur qui découlent en elle comme un millier de chevaux sauvages. Le pas est vif, l'âme furieuse, et d'un mouvement ample sans le moindre préavis, elle jette cette autre inconsciente par delà les limites du lac. Le geste est furieux, destiné à faire mal, à exprimer tout le ressentiment que cette autre à fait naître en lui, à lui faire payer la frayeur qu'elle a réveillé en elle. Un simple regard suffit à voir qu'elle s'est assommée dans sa chute, elle n'est plus la jolie jeune femme rousse aux éclats de vie, rien d'autre qu'une poupée brisée à l'allure chiffonnée.

Puis elle revient vers lui. Le surplombe un instant sous le chair de cette lune qui la font ressembler à ces dryades et autres nymphes qui peuples les contes dont son friands les enfants. Elle cherche son air, et remue les lèvres mais ce n'est qu'un souffle qui en sort. Ses yeux se plissent autant que son corps se courbent pour mieux venir s'agenouiller à ses côté. Elle le regarde ainsi trempée jusqu'aux os, révélant tout ce qu'elle ne voulait plus jamais voir. Supplice de la noyade qui lui refait entrevoir les horreurs de sa jeunesse, et déjà elle se penche sur lui, dépose sur ses lèvres le voile d'un baiser avant que celles-ci ne glissent jusqu'à son oreille. « Non. », susurre-t-elle dans une mécanique jusqu'alors oublié. « Nous ne serons pas amis. », fini-t-elle par conclure avant de se redresser sans pour autant se relever. Elle se tourne, lui montre son dos que les voiles exposent, semblable à une nudité qu'elle exposé sans pudeur, et ses jambes se replient sous son menton tandis qu'elle jette son dévolu sur les eaux redevenues calmes. Noyée sous les chants des grenouilles et des crapauds.  


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Where the light shivers offshore through the tides of oceans we are shining in the rising sun. As we are floating in the blue I am softly watching you. Oh boy your eyes betray what burns inside you. Whatever I feel for you, You only seem to care about you. Is there any chance you could see me too? Woodkid, I love you.
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Októ Belinski
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AVATAR : Tom Hardy.
CRÉDITS : Babine, tumblr (inconnu), PATHOS (code signature), Présidente Lilian pour la ban' susu la famille.

ÂGE : Trente-cinq ans, un âge qu'il ne pensait jamais atteindre un jour pour être honnête. Il porte les stigmates du temps et des événements, un livre d'histoire tracé à même la peau.
NATION : L'air. Déracinée, engourdie, effacée, comme un lointain souvenir ; la nation des parias et des gosses en manque d'amour.
DON : Sixième sens. Októ voit dans ses songes ou dans des impressions furtives montées du bide, sans savoir ou sans vouloir l'admettre, les produits d'une magie dont lui-même s'étonne sans cesse. Il partage ce don avec son jeune frère Kael mais sans en cerner tout à fait les pouvoirs incroyables.
STATUT CIVIL : Il n'a de douceur et d'amour que pour une fille de l'eau qui lui a volé depuis plus de vingt courtes années son esprit et ses sens, à le rendre fou et con.
SIGNE DISTINCTIF : Victime d'un souffle lors d'une explosion ayant partiellement endommagée sa colonne vertébrale et sa jambe droite, Októ boîte visiblement. Ses tatouages ont recouvert les cicatrices mais les douleurs n'ont pas abandonné sa carcasse.
DAEMON : Une petite pie bavarde répondant au nom d'Agata. Sa queue et ses ailes sont abîmées et par conséquent, elle flotte plutôt qu'elle ne vole, portée par les courants aériens.
ALLÉGEANCE : Pour toujours obligé à sa cause, l'enfant des bourrasques. Animé par la tristesse plus que le désir de vengeance, il s'active aux côtés de la Rebellion pour ce qu'elle représente d'espoir.
MessageSujet: Re: I don't feel a thing and I stopped remembering || Oktovius   Mar 11 Aoû - 21:17

Le clapotis de l'eau à ses oreilles l'envahit et le submerge. Des courants le frôlent et l'englobent, dans les profondeurs du lac dans lequel il s'enfonce. Tout est noir, obscure comme dans le ventre d'une femme. Les échos font des rebonds sur ses tympans, et dans une peur panique qui le force à l'immobilité, Októ coule. Il coule, les yeux grands ouverts sur le plafond où la lumière peine à se frayer un chemin, dans des nappes de couleurs qui se tarirent au fur et à mesure de sa chute. Ses pupilles craquèlent à force de combat, la moindre parcelle de muscles ramolli par la lagune tangue lentement dans les profondeurs marines. Il se débattrait s'il en avait l'opportunité, mais la douleur cinglante de son dos ankylose ses mouvements comme ses pensées. Dans son envolé prodigieuse par-dessus le ponton, la rapidité et violence du geste a endommagé un engrenage déjà complexe. Réveillé de vieilles blessures mal entretenue qui ont brisé ses propensions au sauvetage. Privé de sens critique, éloigné de ses instincts de survie habituels, il ne pense qu'à rien d'autre sinon ce qui va suivre, certainement, la dernière seconde de son existence, lorsque ses membres désoxygénés auront fini de combattre l'asphyxie et qu'il ouvrira la bouche pour s'endormir dans un sommeil profond, lourds, dont il ne s'extirpera jamais.

Les paupières lourdes finissent par se refermer lorsque sa bouche dans un dernier cri s'ouvre à contrario et qu'il engloutit les eaux ténébreuses du lac. Dans sa torpeur il sent à peine la poigne sévère, décidée, d'une alliée qui vient l'extirper vers la surface, de laquelle il réapparaisse dans un éclatement brusque qui vient projeter des vagues sur le rivage. L'air lui brûle les poumons et sa gorge s'enflamme des rejets aquatiques. Októ tousse et d'affreux spasmes le surprennent, vestiges de blessures éveillées par la chute. Sa jambe abîmée crépitent de reflexes musculaires douloureux ; il gémit, grogne et soupir, allongé sur les herbes mouillées qui longent la bordure du lac. La terre sous ses coudes est dure et menaçante, la tête lui tourne et il se sent comme perdu, abandonné, livré à une horrible solitude, celle d'avoir été décroché de son double à plumes qui piaille ses douleurs et ses souffrances à ses côtés. Il sert contre lui le petit oiseau faiblard, dont les cris s'apaisent bientôt, et son front cogne contre le bec de l'oiseau, le plumage ébène vient lui caresser la joue. "On est trop vieux pour ces conneries, hein, mon Agata?" Il murmure et pense entre ses lèvres presque closes. L'aîné Belinski peine à reprendre pied avec la réalité, tout englué cette mort subite et brève, qui a recouvert son corps d'un milliers d'épines glacés. Entre fantasme et rêve, allongé sur ce dos cambré qui n'est qu'un carnage, il croit entrevoir une silhouette élancée, le produit sans doute d'une imagination relancée à la hâte, démantelée de pensées vivaces et tangibles.

Un halo lumineux englobe son visage tandis qu'elle s'incline, se penche ; Októ a ouvert ses yeux en grands d'une stupéfaction absolue. La forme l'observe, semble le guetter, enfin termine le chemin jusqu'à ses lèvres : il sent la chaleur l'envahir de nouveau et il semble la voir comme pour la première fois. Mu d'impuissance il reste impassible, immobile, prêt à replonger dans les méandres de l'inconscience lorsque la voix rauque résonne, rebondit, s'agrippe, à ses tympans blessés. Scylla parle, ses lèvres s'agitent mollement de deux phrases presque inaudibles, qu'il ne pense même pas à comprendre ou à retenir. Sa respiration se bloque et s'enraille, mais ce n'est plus le produit de sa noyade. "Scyl-" Il prononce son nom, mais la dernière syllabe vient se bloquer dans le fond de sa gorge. Il voudrait se lever, la serrer, l'embrasser, danser même, comme il en avait fabulé des années auparavant dans les espoirs d'enfance, que ce jour arriverait et qu'ils célébreraient la renaissance, la fin du mutisme, leurs amours et le millier d'autres années qu'ils leur resteraient encore, peut-être, redevenus poussières aux confins de l'Univers. Mais le jour est arrivé et Októ ne sait plus quoi faire, ou quoi dire, à tel point qu'il en a oublié ses douleurs et que son corps entier se braque dans sa direction, les yeux exorbités sur l'incroyable événement.

De son dos tourné, il n'aperçoit que les omoplates saillantes de son dos, les os nivelés de sa colonne qui surgissent d'entre les aspérités fines et mouillées du tissu. Lui-même fait des bruits de flotte alors qu'il roule avec sa lenteur d'accidenté à ses côtés pour venir enserrer un morceau de ses chairs. Suppliant, atterré, il susurre doucement : "Parle-moi encore." Puisqu'il n'y a plus que cela qui importe. Qu'elle lui dise le tout et le n'importe quoi. Que ses lèvres s'animent d'un souffle nouveau, active des réflexes oubliés dans les traumas de jeunesse, glisse le monologue dans le frémissement de ses cordes vocales, jusqu'au bout, jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus, qu'elle s'épuise en mots et en chants, qu'il ne reste rien, rien qui n'a encore été dit de sa bouche, de cette bouche magnifique, splendide, qu'il fixe en voulant la posséder, et pourtant, mu du respect de vouloir l'entendre jusqu'à la fin de ses jours. "Parle-moi encore, parle-moi..." Il répète, encore, et encore, et encore, et encore, comme une litanie, à demi-mots pour ne pas l'interrompre, en se redressant assez pour glisser sa main dans son dos, tracer des chemins jadis inconnus aux confluents de ce corps mouillé, presque nu, ce corps dont il a rêvé depuis trop de temps maintenant.



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MessageSujet: Re: I don't feel a thing and I stopped remembering || Oktovius   Dim 4 Oct - 15:59

Bataille rangée où sonnent les tambours battants et les clairons célestes, cacophonie ambiante qui viennent assourdir la moindre de ses pensées. Écho d'un silence rompu, sceau brisé sous la lame d'un couteau de fureur et de frayeur. Chaos déchaînés de ses sentiments renversés, envolés, évaporés sous l'égide de quelques mots évanescents. Rien de plus qu'un souffle qui, désormais, lui manque tout en lui incendiant la trachée. Elle voudrait pouvoir hurler, pleurer, et disparaître, mais elle ne le peut. Elle se sent harnachée à lui, l’étreint sans le toucher, se vautre dans l'idée qu'elle ne peut plus rien faire sans sa présence. Déception terrible d'un cœur qui se veut pourtant si solitaire, si solide, mais elle se rend bien compte que ce n'est là que de la poudre aux yeux. La vérité, la voilà. Toute crue, un peu putrescente au regard du temps où elle l'aura gardée secrète, mais elle est bien là, toujours là. Elle ne peut s'habituer à cette sensation cruelle, à ce sentiment perfide, qui ne cesse de faire d'elle l'équilibriste d'un destin meurtrier au combien fourvoyé. Elle a mal. Elle se fend de ses douleurs qui prennent au corps et jamais ne libèrent vraiment. Elle attend que tout cesse, que la cacophonie de ses os qui claquent, de son corps qui bat une mesure effrénée sur les frissons de son être. Attente infinie d'une fin qui ne peut venir.

Cruel adversité. Infamies d'un destin qui ne cesse, jamais vraiment, de se moquer d'elle. Rouages écrasant d'une existence qui ne lui permet plus vraiment de se retourner. Il est pourtant vrai qu'elle voudrait se retourner, juste pour le regarder une énième fois avant que la tourmente ne vienne de nouveau la frapper ; elle voudrait comprendre ce qui fait encore qu'elle n'arrive à se défaire de lui, à se défaire de la bienveillance, pire, de l'amour qu'elle éprouve pour lui. Lui qui ne cesse de se faire terrible à son encontre. Lui qui porte sur lui, encore, le masque de l'infamie, de la tromperie. Elle ne peut lui pardonner ce qu'il lui a donné à voir, elle ne peut oublier ce masque de joie qu'il arborait aux bras d'une autre. La larme saille, et roule sur sa joue rosie du froid. Le frisson la fait tressaillir tandis qu'elle ravale le sanglot qui lui tranche à nouveau les cordes vocales. Il n'est plus que le souffle meurtri de sa tristesse. Il n'est plus que le bruissement du vent dans les roseaux.

Son visage s'enfouit entre ses bras, elle se perd un peu plus dans les tourments de son esprit, dans les échos de défaveurs qu'elle s'impose pour mieux se persuader que le tout était déjà perdu d'avance. Elle tremble, ne peut empêcher les convulsions nerveuses de se rependre dans tout son être, et soudain il l'extirpe de ses pensées, de ces horreurs qu'elle s'impose au travers de ses moribondes rêveries. Il la serre sans grâce, sans douceur, juste dans l'agonie d'un instant, dans l'espoir d'un événement qu'elle ne peut reproduire tant les souvenirs font mourir les mots au creux de sa gorge. Il supplie, prie, et murmure ce qu'elle ne veut lui donner, ce qu'elle ne peut lui donner. Elle ne veut pas lui parler, elle ne peut parler à cet homme qui brise tout en elle sans jamais avoir l'air d'en être lui-même blessé. Ses yeux s'ouvrent, ils fuient son regard courroucé et pourtant attentif au moindre frémissement de ses lèvres. Elle se détourne. Il n'y a jamais plus qu'un gémissement empli de chagrin pour traverser la ligne tordue que forme ses lèvres. Jamais plus qu'un souffle cacophonique qui ne bat que la mesure de son cœur attristé. Elle voudrait échapper à la caresse de ses mains, à ses lignes de feu qu'il trace dans son dos, mais elle ne le peut pas. Elle n'en a pas la force. Jamais elle ne peut lui échapper. Il est sa libération autant que son calvaire.

Une masse de poils effrénée apparaît alors, furieux, hérissé, trop au courant des tumultes qui agitent son autre. Il feule à l'encontre de cet homme dont il ne peut supporter la présence, dont il ne peut la défaire au grès de ses envies. Doppelganger infernal, il sort les griffes en se faisant de plus en plus menaçant, se rapprochant toujours un peu plus. Sans peur. Sans reproche. Il ne vise pas l'homme mais l'oiseau, pourtant c'est un sanglot étranglé qui met fin à sa course, lui faisant ainsi rabattre sa fourrure autant que ses oreilles. La peine qu'elle ressent le touche aussi, il est abattu d'une flèche en plein cœur, touché au confins de ses sens, il roule sur lui-même pour ne plus avoir à ressentir la tyrannie des sentiments humains, attend sagement que tout s'apaise, que le calme revienne au sein du cœur de son autre.

Le défit est de taille, et elle, trop petite pour le surmonter. Elle voudrait être de ses géant qui n'ont qu'une enjambée à faire pour pouvoir tout dépasser. Elle n'en est pas. Elle n'en sera jamais. Ses yeux se tournent vers lui, sa main cherche celle qui trace les sillons terribles sur les tissus humides qui couvrent ses chairs. Difficilement, elle en arrache les doigts et y entremêlent les siens. Un instant. Juste un pour lequel elle reprend son souffle, se mord la lèvre presque à sang, et commence à vouloir parler. C'est un langage difficile dont elle ne manie plus vraiment les codes. « Non. », murmure-t-elle de sa voix abîmée par les années de mutisme, simple mot arraché par l'adversité tandis que ces yeux lancent d'autres choses. D'autres mots. S'il te plaît. Laisse moi. Abandonne moi une bonne fois pour toute, mais ne me jette pas cette parodie de bonheur au visage. Jamais. Jamais plus. Je ne le mérite pas., et soudain, sans y prendre gare elle se fait submerger par la douleur, par l'envie de lui faire mal, de le détruire. Sans un signe qui aurait alors pu prévenir le geste, elle vient le frapper. Encore et encore. Au torse, au visage, partout où ses mains peuvent le toucher, le blesser. Elle hurle sa tristesse. Elle vainc les démons qui l'empêchait jusqu'alors de le blesser. Le sanctuaire s'effondre, la douleur s'évade.
 


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NATION : L'air. Déracinée, engourdie, effacée, comme un lointain souvenir ; la nation des parias et des gosses en manque d'amour.
DON : Sixième sens. Októ voit dans ses songes ou dans des impressions furtives montées du bide, sans savoir ou sans vouloir l'admettre, les produits d'une magie dont lui-même s'étonne sans cesse. Il partage ce don avec son jeune frère Kael mais sans en cerner tout à fait les pouvoirs incroyables.
STATUT CIVIL : Il n'a de douceur et d'amour que pour une fille de l'eau qui lui a volé depuis plus de vingt courtes années son esprit et ses sens, à le rendre fou et con.
SIGNE DISTINCTIF : Victime d'un souffle lors d'une explosion ayant partiellement endommagée sa colonne vertébrale et sa jambe droite, Októ boîte visiblement. Ses tatouages ont recouvert les cicatrices mais les douleurs n'ont pas abandonné sa carcasse.
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ALLÉGEANCE : Pour toujours obligé à sa cause, l'enfant des bourrasques. Animé par la tristesse plus que le désir de vengeance, il s'active aux côtés de la Rebellion pour ce qu'elle représente d'espoir.
MessageSujet: Re: I don't feel a thing and I stopped remembering || Oktovius   Dim 18 Oct - 5:20

Dans les sillons de peau, d'une membrane dorsale luisant contre les reflets du lac, il trace les itinéraires de leurs amours déchirés, les chemins qu'ils n'ont pris que dans leurs songes, leurs espoirs, dans les regards douloureux de cette relation par correspondance, engagée contre la volonté de tous - leur volonté incluse. Sans savoir qu'ils signeraient pour mille ans de torture. Il rappelle à lui les soupirs ennuyé d'une mère inquiète, les rires amusés d'une sœur qui va s'exploser contre les remous alanguis de la baie tout près, glisser sur les flots dans le souffle du vent. Les tentatives d'approche diverses comme des cordes jetées dans des gestes maladroits sur les ponts glissants des bateaux. Les ratés, les déceptions. Elle va te rendre fou. Elle t'a déjà rendu con. Faible, amorphe, sans doute, parfois. Sans Scylla il n'aurait peut-être pas autant souffert de la manière dont il souffrait maintenant, mais il n'aurait pas non plus vécu comme il vivait actuellement. Entièrement et puissamment, arraché aux limbes d'un mutisme résigné, d'une colère si puissante qu'elle avait dévoré les restants de son humanité déçu. Il n'aurait pas l'envie d'éternité et d'infini, de continuer à pomper dans un palpitant fatigué, dans un corps en manque de motivation. Car tout se perd et s'épuise et s'étend et s'allonge. Son souffle, le lac, ses yeux, Scylla. Qu'il lui prend l'envie de la saisir pour ne jamais la lâcher, cette eau tumultueuse qui boue en lui dévoilant son dos et ses haines. L'envie de se précipiter avant qu'elle ne s'épuise totalement, avant qu'il ne lui reste plus que le vent pour grelotter de froid au bord des eaux noires. Avant qu'elle ne change d'avis.

C'est peut-être déjà fait, c'est peut-être déjà trop tard. Októ n'a jamais été très bon pour lire et comprendre les signes. Il a l'espoir stupide de ceux qui pensent qu'ils n'ont rien à se reprocher. Il devrait répéter des excuses comme des litanies, à la place il reste cloitré dans sa surprise, impossible à déloger. Paralysé par l'énormité de sa bêtise. "Tu parles, tu parles, tu parles, tu-" Un murmure de croyant qui n'espérait plus, sinon un miracle, sinon une apparition, une dévotion qui avait fini par se diluer avec les années. Vingt-cinq ans. Elle avait pris son temps. Elle avait digéré les traumatismes de son enfance, revécu les paramètres de son immense tristesse. Accepté, peut-être, qu'il n'y a pas d'éternel dans la noyade. Qu'il était temps, enfin, de le laisser partir, ce petit gosse, ce jumeau qui l'avait déraciné, enlevée au monde des vivants, projetée avec la force de l'astrale contre les murs d'une prison qu'elle s'était construite pour elle-même. Laisser l'enfant pour celui qui se tenait près d'elle. Qui en pleurerait bien assez s'il n'avait pas déjà épuisé ses larmes dans d'insidieuses guerres et dans les sept mots rauques, déchirés, comme arrachés à sa gorge même, d'une femme qui lui avait plus offert en dix secondes que le reste du monde en trente-cinq ans de vie.

Elle se tourne et sa main agrippe un instant la sienne, magnétise la peau qui s'immole presque. Son cœur loupe un battement et sa gorge glapit comme une surprise, un grognement de ravissement qui allège les traits crispés de son visage. Oberon près d'eux fait des bonds d'une colère vibrante, mais Októ n'est pas assez conscient pour le réaliser. Il murmure le prénom de ses amours en projetant des espoirs dans les regards doucereux qu'il lui donne. Dans les infinies passions de sa tendresse. Ses doigts s'enserrent plus fort lorsque son corps retombe un peu lourdement sur la terre meuble. Il le sent venir, pourtant, au plus profond du bide, cette vague déferlante. Cette vague qui finit par s'abattre, sans prévenir, sans pitié, prenant ses sources même dans un esprit en souffrance. Il entend le "non" avant de sentir le premier poing lui enfoncer la pommette droite plus profondément dans la joue. Il voit les larmes au fond de ces yeux qui avait promis de sauver d'une noyade proche. Elle l'inonde de sa colère en le laissant s'enfoncer dans sa honte. Le premier coup ne le surprend pas. Le deuxième non plus. Lorsqu'il reçoit un poing plus fort que les autres dans la mâchoire, il encaisse d'un grognement et entre ses dents marmonne : "Tu me fais mal." C'est un peu vrai et c'est un peu sa faute. Il l'assume sans le comprendre. Il attend, longuement, qu'elle se calme, qu'elle respire, qu'elle cesse, un instant, de l'anéantir sous ses coups. Et enfin lorsque d'épuisement elle l'abandonne, que la garde s'est abaissée et que Scylla, téméraire, a fini de cracher son venin de sa seule manière possible ; il trouve encore le moyen d'exhiber un sourire derrière les hématomes et les bleus, loin d'être une provocation, non, la continuation d'un ravissement, d'un miracle, qu'il ne peut pas se sortir du crâne.

S'il te plait parle-moi.

Qu'elle l'insulte et qu'elle hurle, qu'elle lui crache au visage les insanités qu'il mérite, les noms d'oiseaux comme autant de médailles subtilement gagnées à force d'erreurs et de faiblesses. Qu'elle en fasse un exemple, pour les générations de connards à suivre, autant de petits frustrés de la queue qui feraient bien mieux de réfléchir avec le haut plutôt que d'agir avec le bas. Qu'elle l'incendie de ses mots, qu'elle brûle leurs souvenirs aux grand bûcher des règlements de compte, des amours déçus et des fils de pute. Qu'il sache, enfin, vraiment, ce qu'elle pense. De tout ça et puis d'eux, de la fin du monde et de la fonte des glaces ; il veut savoir, tout, enfin, de cette femme qu'il a tant désiré rencontrer. "Je sais que tu peux." Il murmure. Je sais que t'en es capable. Il se redresse, le dos endolori, et sa main fait le chemin jusqu'aux courbes de son cou. "Je veux juste entendre le son de ta voix. Après je partirai, je te promets. Je veux juste... J'ai toujours rêvé... entendre ta voix..." Parce qu'elle est encore là, qu'il est encore là, qu'il manque de raisons et d'arguments mais qu'ils ont réussi à prouver, et plus d'une fois, que les séparer est un échec. Parce que ce sera sans doute la plus belle voix du monde. Juste une fois, juste pour moi. Parce que ça importe, tout ça, ça importe tellement.

Mais le silence se traîne et emporte avec lui les secondes. Il ne lui en veut pas. Il comprend. Sa main qui caresse les rondeurs d'une mâchoire retombe finalement contre l'herbe mouillée de la rive. Le sourire d'Októ s'écarte mais ses yeux hurlent à la pitié. Il va pour ouvrir la bouche puis hésite puis se tait. Puis s'incline puis ignore, tout ce qui menace de s'écrouler sans un bruit. Il lui glisse à l'oreille comme un secret : "Ca fait vingt-cinq ans que j'attend de te rencontrer." Ses lèvres rebondissent contre les os de son crâne. Vingt-cinq ans que je t'aime, Scylla.


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MessageSujet: Re: I don't feel a thing and I stopped remembering || Oktovius   Lun 2 Nov - 18:08

La voilà la terrible tempête, furieux tourbillons, impétueux maelstroms. Tout devient sombre. Plus rien n'existe si ce n'est ce gouffre qui l'avale, la mâche, puis la recrache. Elle n'est plus que douleur. Souffrance d'un cœur à l'agonie, autant que d'un corps qui ne cesse d'en marteler un autre sans en sentir les affres du soulagement. Douce nymphe égarée dans les tempêtes de son âme, elle ne sait plus quoi offrir pour ne plus avoir à souffrir, elle ne sait plus quoi lui donner pour qu'il pense à l'achever. Le corps frêle tremble des mille morts dont il lui fait l'offense, se recroqueville de ses peines qui ne font que survivre d'avantage aux sentiments qu'elle lui offre. Elle ne demande qu'un peu de répit, qu'un bain d'éternel dans les flots de l'oubli, à peine plus qu'une brasse létale dans les bras de Lethée. Le souffle se fait alors court tandis que la complainte se fait entendre par dessus le grognement de l'animal, sous le masque de la victime elle ne peut reconnaître que son bourreau. Elle se tétanise sous le froid, sa hardiesse cesse sous les rebonds d'un chagrin qui l'anéantie, bientôt ses doigts ne se font plus que caresse griffue sur les joues tuméfiées avant que ses bras ne retombent lourdement sur ses côtés.

Sa propre faiblesse est à jour, faille étendue qui ne cesse de croître et la fait vaciller sur ses appuis les plus incertains. Elle n'est plus qu'un ombre subjugué, plus rien qu'une délicate statue réduite à l'état de plâtre défiguré. Victoire déconfite sur ce qui fut son bourreau, petit gain pour grandes pertes, elle se sent déjà s’effondrer sur les lauriers de sa bataille remportée. Les larmes lui noient les yeux, et roulent encore sur les joues rougies de ses colères. Pleutre jeune femme qui déjà ne sait plus quoi penser de ses actes autant que de ses agissements encore à venir, elle se cloisonne dans ses silences, se cloître dans son mutisme tandis qu'il la supplie de parler. Encore et encore. Toujours à la recherche de cette voix qu'elle ne fait plus raisonner que dans les colères et les peurs, de ce son qui l'aura exclu de son clan et fait appartenir à un autre. La voilà la vérité, la plus terrible des vérités, c'est qu'elle est bien effrayée, effrayée de se voir perdre cette petite identité providentielle, qu'ils découvrent tous qu'elle n'est plus tant l'innocente jeune fille des temps d'avant, que celle-ci n'existe plus, qu'elle a été emporté par les tourments d'une guerre et enterrée par les prémices de la rébellion. Qu'importe leurs regards à eux, qu'importe la pitié qu'ils pourraient lui porter, autant que les joies, jamais plus ne compteront leur avis à côté du sien.

Elle soupire, longuement, profondément. Sanglote et s'étouffe de ses peines qu'elle ne peut ravaler, dont elle ne peut se défaire. Le corps frisonne sous la caresse des vents qui se mêlent aux ondes. Elle se mord la lèvre tandis qu'il lui offre les regards les plus doux et chamarrés qu'elle lui connaisse. Son palpitant se froisse et lui remonte au travers de la gorge empêchant tout mot de passer la barrière de ses lèvres. Dualité terrible qui n'ont de cesse que de révéler ses doutes au grand jour. L'inconnue persiste dans le son de ma voix. , elle laisse s'écouler une difficile respiration, elle geint, renifle, et gémit dans ses complaintes. Elle se hait de lui avoir laissé entrevoir ce qu'elle renfermait jusqu'à présent. Son regard le fuit, son âme le percute, elle s'échappe à sa chaleur, se défait de sa présence en se recroquevillant sur elle même. Sa tête repose entre ses bras, ses larmes d'eau salée coulant sur ses peaux diaphanes, se mêlent aux voilages détrempées de sa robe. Les yeux éperdu dans l'ondine, elle finit par déglutir pour ravaler cette boule amère qui lui entrave la gorge, par reprendre un peu de cette force que tout le monde lui reconnaît sans qu'elle en connaisse la source.

Ses carcans de tristesse s'écartent tandis que ses doigts fins cueillent le restant de ses larmes. Ses lèvres articulent quelques mots qui ne veulent sortir, sa gorge s'irrite de la paresse de ses cordes vocales. Elle hausse les épaules avant de les affaisser de cette frustration qui l'égorge, humecte ses lèvres pleines avant de réussir, enfin, à émettre un son autre qu'un borborygme affreux. « Qui suis-je ? », demande-t-elle une première fois, « Qui suis-je pour toi Oktovius ? », répète-t-elle dans un souffle rauque. Sa voix est abîmée, éraillée, et pourtant bien là. Féminine, encore portée de quelques accentuations enfantines. Parfums d'antan, éphémère mélancolie portée par la tristesse qu'on y perçoit. Elle avale sa salive, s'irrite d'avantage de se sentir aussi démunie face à la pauvreté de son langage. Tout est pourtant si clair au sein de ses idées, si facile à exprimer qu'elle s'offusque de voir sa bouche lui  refuser l'obéissance. Qui suis-je si ce n'est le fantôme de cette jeune fille disparue ? Que suis-je si ce n'est un souvenir enfouit que tu fuis pour mieux le rattraper. Je ne suis rien d'autre qu'une ombre que tu chasses sans cesse sans jamais vouloir l'attraper. Rien d'autre qu'une chimère à qui tu n'accordes ton regard qu'au grès des circonstances., elle vient chercher cette main qui prend appuie sur l'herbe mouillée, y prend appuie, y entremêle ses doigts comme pour se raccrocher un instant à une partie de lui. « Je n'ai jamais voulu te voir partir, je n'ai jamais voulu que te sentir près de moi. », sifflement souffreteux qui se meurt dans un manque d'air, dans un effort qui se fait terrible, « Mais que faire si ce ne sont jamais plus que des larmes qui me viennent quand ta présence s'impose ? », elle étouffe un sanglot alors que ses yeux se perdent sur cette main enserrée autour de la sienne. Si petite face à lui, si frêle face au monde. Dois-je payer encore longtemps pour les fautes d'un passé qui ne m’échoit pas? D'une guerre qui n'est de mon fait?

                                                                                                                     
 


In the waves I’ve lost every trace of you

Where the light shivers offshore through the tides of oceans we are shining in the rising sun. As we are floating in the blue I am softly watching you. Oh boy your eyes betray what burns inside you. Whatever I feel for you, You only seem to care about you. Is there any chance you could see me too? Woodkid, I love you.
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