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 So I’ll be needing you and I know you’d be needing me too [Axton]

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MessageSujet: So I’ll be needing you and I know you’d be needing me too [Axton]   Mar 8 Sep - 22:39

AND I BELIEVE IN YOU
Son organe battant l’oppressait, comme tenant à lui rappeler, tout le mal qu’elle se devait de ressentir, cette culpabilité censée la ronger jusqu’à la moelle, parcourant ses veines à la recherche de la moindre trace de négligence, prête à l’exterminer dans son sillage. Hélas, c’eut été chercher en vain, car nulle émotion ne semblait traverser les prunelles éteintes de la dernière des Lancaster, dont le regard fixe regardait à travers la vitre du train, sans jamais percevoir le paysage défilant. Il n’y avait pas non plus de traces de perles salées qui auraient continué à couler sous la terrible nouvelle dont elle avait été la première tenue au courant. La belle se taisait, laissant ses pensées se consumer sous le manque d’intérêt qu’elle y portait, préférant les souvenirs cachés dans les méandres de son esprit. Ressasser le passé pourtant, ne lui apportait aucun réconfort, seulement le sentiment que l’étau était en train de se refermer plus encore sur elle. Amorphe. Tel était le mot pour la décrire en l’instant, aussi muette qu’aveugle, n’ayant daigné décrocher que quelques mots à l’homme qui lui tenait compagnie dans le train en direction d’Antrakar, laissant son félin de dæmon le soin de lécher les quelques plaies qu’elle avait aux mains, vestiges d’une attaque passée. Elle s’en était sortie intacte quelque part, avec seulement l’impression d’être plus sale que jamais, souillée par la mort de son propre sang dont elle avait reconnu les traits par le toucher, à défaut de la voir de ses yeux. Sansa n’était plus, ne demeurait qu’elle, l’héritière impotente dont la présence avait été à peine observée aux funérailles ayant eu lieu à Lumisol. Elle n’avait pas tardé à fuir sa capitale d’origine, puis Aleria, ville maudite qu’elle souhaitait loin d’elle. Comme si le destin avait été capable de deviner tout cela, son voyage à Antrakar se trouvait plutôt bien placé, compte tenu des divers évènements récents. Plus encore depuis qu’un natif du feu semblait avoir jeté le dévolu sur elle, plus encore son patronyme désormais associé à la rébellion, sans qu’aucun autre membre n’en fasse partie. Delilah l’avait aidé à préparer ses affaires, avait cautionné le voyage. Même Delka, qui s’opposait pourtant à voyager en compagnie d’un maître de la terre, se taisait, se contentant d’être le pilier, le compagnon. Quant à Axton, sa présence l’apaisait, plus particulièrement par le silence respectueux dont il faisait preuve. Elle ne souhaitait pas s’étendre pour le moment, se contentant de subir les heures de voyage, caressant de temps à autre la tête du guépard royal, avant de sombrer de nouveau dans ses pensées morbides et sordides. Rien ne serait plus jamais comme avant, c’était bel et bien une certitude.

Puis la première partie de leur périple s’acheva enfin. Ce ne fut qu’à cet instant que la naïade daigna enfin ouvrir la bouche, quémandant à son guide de lui décrire les lieux, quand son odorat s’emparait des diverses senteurs. Elle pouvait noter la différence avec Aleria, mais aussi Lumisol. Ici, l’ambiance avait une fragrance particulière, qu’elle avait put retrouver sur Axton de nombreuses fois, mais dont jamais elle n’avait put s’emparer. Elle se laissa guider par Delka, dont la laisse était suffisamment courte pour lui permettre de le suivre, tandis que lui prenait garde à ce que l’aveugle ne trébuche jamais, ou n’ait à subir son propre enthousiasme. Il leur fallut d’autres heures de voyages avant d’arriver à leur première destination, une petite auberge qui les accueillerait le temps de se reposer et de se rafraichir. Elle n’était pas prête à partir en forêt dans l’immédiat, un besoin de repères se faisant ressentir avec empressement. C’était la première fois qu’elle partait réellement sans Delilah pour la guider et la soutenir. C’était un tout autre type d’aventure, avec l’absence de certitudes. Elle doutait sincèrement que le fils Hemingway agisse comme sa confidente, il lui faudrait faire ses preuves avant toute chose. Ce n’était finalement pas tant le problème. Non, l’embarras était ailleurs : elle craignait sincèrement d’être un poids pour l’homme habitué aux forêts et capable de repérer un danger lorsqu’il se présentait. Une nuit de repos suffirait à chasser les incertitudes, tout du moins, jusqu’au lendemain.

Car celui-là arriva bien vite, tout autant que la première épreuve : prouver qu’elle était apte à se débrouiller seule malgré son handicap. Jusqu’alors, cocooner, elle n’avait jamais eu l’opportunité, en dehors des instants passés avec Delilah, de prouver qu’elle savait faire les choses, que sa cécité ne lui avait en rien enlevé ses aptitudes. Son habillage fut impeccable, privilégiant une tenue adaptée à une sortie en forêt. Quant à ses cheveux, elle ne les coiffa pas, n’ayant pas d’obligation pour la journée en rapport avec des patients et celle d’être parfaite. Liberté. Mot chéri qui vint ôter un poids bien léger sur son cœur, dénouant ses épaules d’une tension qui était restée jusqu’à leur arrivée dans la région. Attrapant son sac, mais aussi la laisse de son félin, elle quitta la chambre, rejoignant son guide, avec la ferme intention de découvrir les secrets des forêts, mais aussi trouver tout ce qui pourrait lui être utile pour sa propre formation. Axton n’avait-il pas mentionné que ce séjour serait enrichissant pour elle ? Quand elle sentit Delka tirer sur sa lanière, elle sut qu’il se dirigeait vers l’homme qui se voulait son guide, et dont elle savait que lui aussi avait physiquement souffert lors des dernières semaines. « Bonjour. Bonjour Rhéa. » Sa voix était bien plus calme que la veille, bien moins agitée, pourtant toujours dénuée de cette détermination dont elle faisait habituellement preuve. Vérité était qu’elle était plus fragile que jamais, et que le besoin de se ressourcer était plus que vital. « Je suis prête. »


Dernière édition par Dÿluviah Lancaster le Sam 12 Sep - 20:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: So I’ll be needing you and I know you’d be needing me too [Axton]   Sam 12 Sep - 10:58



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Axton était parti pour Antrakar quelques jours plus tôt, prenant soin de laisser une note à la jeune femme qu’il s’était promis de guider sur sa terre natale. Il avait eu besoin de retrouver la solitude pour seule compagnie, pouvoir ainsi déambuler entre les arbres et les roches de la région sans devoir regarder par-dessus son épaule. Sa légendaire méfiance s’était peu à peu muée en une paranoïa épuisante. Lui qui ne dormait déjà pas beaucoup ne dormait plus. Depuis les nouveaux attentats d’Aleria, il ne fermait plus l’œil, guettant par son don les moindres ondes sismiques suspicieuses. Il s’en était voulu de ne pas avoir pu anticiper cette attaque, de pas avoir eu cette poignée de secondes d’avance sur les autres pour se mettre à l’abri au lieu de se laisser guider par sa haine envers un membre de la nation de feu qui avait croisé sa route, ce jour-là. Il n’avait pas pu protéger les autres comme il n’avait pas pu se protéger lui-même. La douleur lancinante qui lui traversait l’épaule lui remémorait jour et nuit son erreur et l’homme continuait de ruminer un peu plus. Fort heureusement, ses sœurs n’avaient pas été victimes – c’était Aleya même qui l’avait trouvé inconscient sous les décombres d’un ancien bâtiment, guidée par on ne sait quel instinct fraternel. Ou bien était-ce peut-être l’œuvre de Rhéa dont le souvenir du brame affolé lui glaçait encore le sang. Si le caribou gardait d’ordinaire des distances réduites avec sa moitié humaine, elle ne quittait désormais plus sa silhouette, même en la présence de personnes de confiance. Elle ne l’avait jamais réprimandé pour son manque d’écoute, son manque de discernement mais il lisait dans ses prunelles ambre combien la peur qu’elle avait ressentie pour deux s’était muée en une légère rancœur. Tout avait changé. Si Aleria le rebutait déjà parce qu’elle était le portrait d’un royaume façonné et dirigé par le gouvernement lui-même, la capitale était dorénavant le tombeau de plusieurs vies et de la foi qu’il avait pu avoir brièvement en la paix. La paix avait disparu au même titre que l’égalité. Aujourd’hui, une hiérarchie arbitraire allait se construire et la domination serait préférée à la tolérance, tout comme la répression balaierait la prévention d’un revers de main revancharde. C’était le moment de déserter Aleria et de se ressourcer auprès des siens. Les messages de sa mère avaient plu suite aux explosions et malgré des réponses rapides, Gideon et Ludvina ne seraient rassurés qu’en apercevant sa carrure épaisse et ses traits déconfits. Il avait ordonné à ses sœurs de les rejoindre plus tard, quand Dÿluviah serait repartie. Malgré sa volonté, il ne pouvait pas protéger tout le monde et la fille de l’eau endeuillée aurait désormais toute son attention.

Dans sa chambre d’adolescent désormais débarrassée de toute trace d’enfance, Axton s’était réfugié dans les livres d’herbologie. Il se changeait les idées en se rafraichissant la mémoire sur les différents types de plantes qu’on trouverait ici. Son père lui avait aussi confié plusieurs papiers sur lesquels étaient répertoriées les cultures artificielles et hybrides qui avaient fleuri ça et là. Les maîtres de la terre n’essayaient pas de maîtriser la nature sinon de la sublimer en décuplant ses capacités sur la pousse et les propriétés des plantes. Axton était très fier d’un tel patrimoine et ces deux dernières journées lui avaient un peu donné du baume au cœur. Par pure providence, c’était son poignet droit qui avait été cassé, lui laissant sa main gauche pour écrire. Seul un bandage bien serré immobilisait encore sa main et l’homme rêvait déjà du jour où il pourrait à nouveau avoir l’usage complet de ses mains et donc de ses pouvoirs. Il se sentait presque amputé et Rhéa était toujours sur son dos à le gronder sitôt que germait l’idée de retirer ce bandage. Lâche ça, lui dit-elle mentalement tandis qu’il tripotait le pansement en attendant l’arrivée de Dÿluviah. Ne t’inquiète pas, elle n’y verra que du feu. En guise de réaction à cette plaisanterie douteuse, le caribou n’eut droit qu’à un regard noir lancé à son égard. En effet, Axton avait horreur d’être blessé et d’être montré en position de faiblesse et même si la jeune femme n’était pas capable de remarquer visuellement les marques qui ornaient encore ses blessures, elle était suffisamment experte pour reconnaître la douleur. Les naseaux nerveux de Rhéa expièrent un souffle fumant à l’arrivée du daemon de Dÿluviah. Tenu en laisse, il l’entraina jusqu’à eux avant qu’elle ne les salue. Rhéa leva les yeux au ciel, laissant à Axton le soin de répondre, toujours implacable : « Bonjour Dÿluviah et Delka. »

Il comprit aussitôt qu’elle n’était pas dans ses humeurs habituelles. Quand lui gérait le deuil par l’acharnement professionnel et une stabilité apparente, le visage de la fille de l’eau ne pouvait dissimuler le manque d’entrain évident à cette journée. Axton ne pouvait pas l’en blâmer mais il décidait de ne pas relever ce détail. « D’abord, tu n’auras pas besoin de lui. » Elle put entendre le clic distinctif qui détacha le guépard de sa laisse. « Il ne sait pas où se situe les plants, je préfère que tu te reposes sur moi plutôt qu’il risque d’y mettre les pattes. » Cette remarque n’était pas critique, juste factuelle. Il vérifia ensuite que son caribou était correctement harnaché. Rhéa détestait avoir quoi que ce soit sur son dos – supportant difficilement Axton en cas d’extrême nécessité – mais son épaule douloureuse requerrait quelqu’un pour porter vivres et équipement. « Nous ne sommes pas loin de l’orée du bois où pullule de la pousse-jaune. Je suppose que tu connais déjà mais elle prolifère tellement que tu as de quoi t’en faire un stock sans que personne ne s’en plaigne. » Il prit délicatement la main de Dÿluviah, pour ne pas la surprendre, puis la posa sur son épaule gauche. Il commença alors à marcher d’un pas mesuré, afin qu’elle prenne le rythme. « Nous nous enfoncerons un peu plus dans les bois. Je pense que tu n’as pas besoin d’algue-vipère puisqu’elle est typique de ta région. Il y a quelques plantes aux propriétés encore méconnues qui ont le mérite d’être ramenées et étudiées, je t’expliquerai ça plus tard. Nous ferons une pause pour manger quelque part, je pense, puisqu’ensuite la route sera longue jusqu’aux cultures hybrides. Leur emplacement n’est connue que des cultivateurs, des quelques guérisseurs, des Darsonval et de mon père, évidemment. » Tout le petit monde suivait la marche et si leur démarche était lente, il savait que chacun finirait par s’habituer à l’autre. Comme un professeur heureux d’enseigner, il finit par ajouter, plus détendu : « J’accepte les questions. Et tu pourras découvrir les merveilles d’Antrakar. » Il lui ferait toucher, apprendre cette région si chère à son cœur.
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MessageSujet: Re: So I’ll be needing you and I know you’d be needing me too [Axton]   Sam 12 Sep - 20:40

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La naïade pouvait amplement sentir l’impatience du dæmon, dont la laisse vibrait sous son pas agité. Bien mieux, elle était capable de capter chaque changement de souffle de ce dernier, reconnaissant pour chacun d’entre eux, l’émotion ou le sentiment qui le traversait. Ce n’était pas seulement le lien ténu entre la femme et le dæmon qui parlait. On pouvait bien dire ce que l’on voulait, depuis son accident, Dÿluviah avait changé, mieux encore, évoluée. Si les choses étaient restées constantes, alors il n’aurait fait nul doute qu’elle serait restée l’enfant frivole et sauvage qu’elle était alors, mais incapable de voir plus loin que le bout de son nez. Naturellement, elle serait devenue guérisseuse, toutefois, la dextérité dont elle faisait désormais preuve n’aurait certainement pas été la même, il n’aurait fait aucun doute sur le fait qu’elle aurait été fidèle à l’image que tous les autres guérisseurs offraient. Mais le destin avait bien joué son vil tour, obligeant l’enfant des eaux à être plus calme, observatrice par le reste des sens demeurant, bien plus alerte à son entourage. Quelque part, elle était devenue une jeune femme accomplie, bien plus capable que dix années plus tôt, néanmoins enfermée dans une parenthèse qu’elle comptait bien quitter, dès ce jour. Obligée d’accélérer le pas, elle tira pourtant légèrement sur la corde, de sorte à obliger le guépard à ralentir. Tout autant qu’elle, il était impatient de partir en expédition, mais aussi d’exulter la douleur qu’il pouvait ressentir face aux derniers évènements. Car si elle pleurait la sœur disparue depuis longtemps, lui pleurait la disparition de son compagnon de jeu d’antan. Ils allaient devoir surmonter cela, et seul le travail et la nouveauté pourraient leur permettre de passer outre. Quand enfin son pas se fit moins pressant, la Lancaster sut qu’elle était arrivée vers son guide. Celui-là même dont la voix était un frein aux incertitudes naissantes. Ce n’était pas tant lui qui l’effrayait, mais le nom qu’il portait. Les derniers actes n’étaient pas sans conséquences, et les opinions politiques n’allaient pas tarder à jaillir sur le quotidien. Devait-elle craindre d’être une Lancaster ? Le comportement de l’homme en face d’elle allait-il changer suite aux récentes accusations ? « S’il ose te toucher, je lui fais l’autre bras. » vint rassurer le guépard, dont la silhouette royale s’était assise, en attendant le reste des évènements. En réponse à l’instinct protecteur, la jeune femme ne put que gratouiller du bout des ongles la tête de l’animal, jouant avec sa crête noire pour continuer de se rassurer.

Un léger grondement alerta Dÿluviah tandis que le son d’un cliquetis se faisant entendre, lui indiquant clairement que la laisse venait d’être détachée. Si elle haussa les sourcils sous la surprise, la suite des paroles de son vis-à-vis eut tôt fait de la contraindre au sourire, se moquant par la même occasion de la réaction du félin, dont le marmonnement ne parvenait fort heureusement qu’à elle. « C’est à se demander qui est réellement aveugle ici. J’ai l’air d’un pachyderme ? » Vexé, il l’était. Pourtant, il fut rapidement de nouveau sur ses pattes, tournant autour de son âme-sœur pour qu’elle lui retire le harnais dont il était affublé. Aussitôt pensé, aussitôt fait, et l’élément indésirable trouva sa place dans le sac qu’elle portait en bandoulière. « Tu en es certain ? » Questionna t’elle, par précaution. Elle avait put remarquer qu’il n’aimait pas être touché, l’intention avait été clairement marquée lors de leur repas ensembles. « Je vais devoir te toucher en permanence, je ne souhaite pas que ça t’indispose. » Et elle-même, allait-elle pouvoir supporter qu’un autre la guide ? Delka prenait ce rôle à cœur depuis leurs 16 années de vie, et jamais il n’avait faillit à sa mission, accentuant chacun de ses pas prudents de quelques commentaires. Axton serait-il seulement capable de faire bien mieux ? « Je serai à tes côtés, n’aie crainte. » rappela t’il, ignorant superbement le caribou, mais aussi l’opportunité de pouvoir s’encanailler dans les fourrés. Quand son guide reprit la parole, elle ne put que l’écouter avec attention, se remémorant mentalement le niveau de son stock de pousse-jaune. Il n’en restait pas beaucoup lui semblait-il, au même titre que d’autres plantes dont elle se servait quotidiennement pour les onguents qu’elle préparait elle-même. « Attention. » ronronna le félin, tandis qu’elle pouvait sentir la chaleur d’une autre peau caresser la sienne, jouer avec ses doigts pour convaincre le bras de suivre le mouvement. La surface dure d’une épaule tendue fut son point d’appuie, et elle ne put s’empêcher de légèrement grimacer sous la tension qu’elle pouvait ressentir sous la pulpe de ses doigts sensibles. « Tu es horriblement tendu. » Constata t’elle à voix haute, marquant un intérêt pour le bien-être de l’homme. Il connaissait les services qu’elle pouvait lui prodiguer, et peut-être cette fois-ci, se passerait-elle de son aval pour les lui offrir. N’était-ce pas le moins qu’elle puisse faire ? Elle avait beau être guérisseuse, ses talents ne s’arrêtaient pas là. Mais d’autres mots vinrent suivre les siens, l’incitant à dodelinant la tête, gardant de même l’hésitation de ses pas. « J’apprécie le programme. Merci beaucoup. » glissa t’elle enfin, avant de se détendre légèrement, sa main dérivant de l’épaule qui l’indisposait, tant par les nœuds que la hauteur de celle-ci, pour la laisser dériver jusqu’à l’avant-bras, bien plus agréable pour qu’elle puisse avancer correctement. « Décris-moi le paysage. » Fut finalement sa seule requête. « Ne sois pas avare en détails s’il-te-plait. » Dans ses souvenirs, il y avait bien quelques images de forêts, et si beaucoup de ses camarades ne notaient pas de différences entre elles, elle parvenait toujours à trouver le détail qui les rendait si uniques. A ses côtés, le félin s’agita finalement, prenant la tête du cortège pour explorer cette région qu’il ne connaissait nullement. Prudent toutefois, il veillait à l’aval du seigneur et maitre des lieux, s’arrêtant pour mieux l’observer, mais aussi veiller sur sa protégée.
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MessageSujet: Re: So I’ll be needing you and I know you’d be needing me too [Axton]   Mar 22 Sep - 21:27



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Ce séjour à Antrakar tombait à point nommé. Delka est tendu, sa maîtresse le vit mal. Évidemment qu’elle le vivait mal, comment pouvait-on encore exister après la mort d’une sœur ? C’était une réponse que personne ne souhaiterait obtenir. C’était une épreuve que personne ne voulait connaître, malgré les rivalités entre nations. On ne le souhaitait pas même au plus exécrable et cruel des membres de la nation du feu. On ne souhaitait jamais la perte d’un parent et l’ainé Hemingway serait le premier à baisser les armes et à abandonner courage et survie. Il était décidé à ne pas évoquer le sujet, pas tant que la jeune femme ne serait pas prête. La curiosité mal placée ne faisait pas partie de son caractère. L’homme ne parlait pas pour rien dire et il était bien trop franc pour tourner autour du pot durant des heures. Il laissait cette journée se dérouler comme le destin l’avait prédit, sans intention de contredire ses plans. Pourtant, il n’était pas insensible à la peine de Dÿluviah. Son visage éteint réveillait en lui ses instincts protecteurs, le même instinct qui avait mené à leur première rencontre, quelques années plus tôt. Il se taisait mais intérieurement, il continuait de cogiter. Axton n’était qu’intériorité, silence et réflexion. Sa véritable existence était tapie au creux de son être, au sein de son esprit, là où il était réellement lui-même – là où les convenances sociales et l’éducation de son père n’étaient plus souveraines. Il n’y avait que Rhéa pour déceler cette inquiétude qu’il portait à l’égard de la fille de l’eau, cette dévotion intarissable envers les autres pour mieux s’oublier lui-même. Je sais que tu es capable de te montrer ouvert sans oublier tes principes. Tu peux lui être aimable, pédagogue, à l’écoute, tu ne retomberas pas dans tes travers, j’ai confiance. Seul le caribou savait le rassurer de la meilleure des manières. Seule cette voix féminine si familière qui l’accompagnait depuis bientôt trois décennies savait l’apaiser. C’était cette même voix qui lui avait transmis la force de se battre pour son nom et sa nation, c’était cette même voix qui l’avait aidé à développer l’homme qu’il était sans rayer les particularités de son âme qu’il avait toujours considérées comme une fragilité. Axton n’était plus fragile et ce jour-là, il estimait avoir suffisamment de force pour deux. Il ignorait si ce voyage enchanterait réellement Dÿluviah, si elle y trouverait ce qu’elle cherchait mais il espérait qu’il saurait lui changer les idées.

D’abord, il lui énonça le programme de la journée, tout en prenant soin qu’elle se raccroche à lui que ce soit par son épaule ou son bras qu’elle préféra saisir. Il ignora sa question : son silence était bien plus révélateur. Les contacts ne l’indisposaient pas – du moins pas de la façon qu’elle pensait. Il s’habituait de plus en plus à la présence de la jeune femme ainsi qu’à ses mains exploratrices, plus nécessiteuses qu’envahissantes. Son toucher n’était pas inquisiteur, conquérant ou indiscret. Il ne reflétait que l’incroyable spontanéité de Dÿluviah qui s’était accrue depuis sa cécité. Tant qu’elle n’en profitait pas pour outrepasser les frontières qu’ils s’étaient tacitement imposés l’un à l’autre, tout irait bien. Rhéa suivait calmement le cortège, non sans jeter de temps à autre des œillades prudentes au félin qui ne quittait pas les flancs de sa maîtresse. Les natifs de la terre vivaient en harmonie avec la nature brute comme apprivoisée, ainsi elle ne souffrait d’aucun dérangement. Les animaux étaient encore à l’état sauvage pour la plupart, les bêtes domestiquées étaient rares ici. Le matou n’avait sans doute aucune idée des menaces animales qui pouvaient se présenter à lui, tout prédateur qu’il était. Axton adressa un bref regard amusé en direction de son caribou qui ignora royalement son attention. Tout comme lui ignora la remarque vérifiée de Dÿluviah. Bien entendu qu’il était tendu. Toujours sur ses gardes, voilà qu’il devrait appréhender le toucher d’une guérisseuse avertie qui saurait détecter les moindres tensions de son corps. Il remplissait son rôle de guide et jusqu’ici, sa place lui convenait très bien. Une nouvelle difficulté se présenta à lui à la requête de la belle. Ses yeux azur se dirigèrent vers les siens, dans l’espoir d’y lire la plaisanterie. Mais non, elle exigeait réellement qu’il lui offre un portrait fidèle qu’elle pourrait peindre dans son imaginaire. Avare en détails, il l’était toujours. Avare de mots, plus encore, parce que la parole était trop trompeuse, un reflet trop peu réaliste des pensées.

« Malgré les saisons, les arbres ne sont jamais nus. Pour la plupart, ce sont des conifères. La forêt où nous allons est principalement composée de pins, mais elle abrite aussi une sorte d’espèce d’arbre qui n’est pas reconnue ailleurs. Nous sommes la seule région où ils poussent, encore une nouvelle exception qui fait partie de notre patrimoine avec les saules cogneurs. » Il continuait de marcher lentement, agrémentant chacune de ses paroles d’un pas serein. La terre tremblait sous ses pieds mais il ne s’était jamais senti aussi stable. L’air de terre et de verdure qu’il humait semblait purifier ses poumons et le revigorer d’une énergie qui le quittait sitôt qu’il franchissait la frontière d’Aleria. « Je te dis ça, parce que la texture de leurs feuilles sont particulières. » Il joignit le geste à la parole pour mener la main de Dÿluviah jusqu’à des feuilles qui avaient la forme épineuse typique des pins mais plus large et tout aussi fragile au toucher qu’une feuille caduque de chêne. « Il n’y a qu’un horizon vert à perte de vue. Au crépuscule, les bois prennent une teinte automnale parce que la lumière se reflète à travers les branches. Il n’y a pas beaucoup de buissons ou de fougères, même si la terre est toujours humide, toujours prête à faire pousser. » C’était difficile de décrire ce qu’il voyait tant la perception du monde d’Axton se basait sur le toucher. Il présenta sa paume dans laquelle avait été déposé un peu de terre fraichement recueillie près du visage de Dÿluviah sans l’agresser. « Sens. Pour moi, c’est le meilleur des dessins. » Il finit par se frotter les mains pour libérer la terre, avant de laisser quelques secondes de silence s’écouler. Axton se sentait trop détendu, ce qui avait le paradoxe de l’angoisser. C’est pourquoi il finit par reprendre sur un ton plus neutre : « La pousse-jaune commence à pousser par là. » Ses doigts attrapèrent brièvement les siens pour qu’il puisse l’accompagner auprès d’un plant qui irradiait sa couleur solaire au sein de ce temple vert. Pourquoi est-ce que je te sens fébrile ?
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MessageSujet: Re: So I’ll be needing you and I know you’d be needing me too [Axton]   Mer 23 Sep - 13:33

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« J’ai comme l’impression que nous allons nous plaire ici. » ronronna le félin au bout de quelques pas de marches, le pelage se frottant avec allégresse aux herbes sauvages. La jeune femme et son félin avaient beau être de la nation de l’eau, il leur semblait qu’un monceau de leur âme s’était égaré quelque part ailleurs, élément manquant à leur bien être. Nager ne leur apportait pas autant de plaisir qu’une longue randonnée dans les bois, s’éclabousser ne valait jamais une partie de cache-cache dans les fourrés. Les senteurs d’Antrakar les avaient apaisé sitôt descendus du train, ôtant un peu de leur tension, de leur douleur. Devaient-ils se montrer affligés ? Ils l’étaient bien suffisamment, et pourtant, cette affliction avait un goût de cendres, de déjà-vu. Sansa avait déjà fait croire à sa mort par le passé, infligeant une douleur sans nom à sa propre famille, sa cadette qui s’était sentie plus que jamais perdue sans ce repère… Puis un jour, on leur avait apprit que la première-née avait été aperçue à Aleria. Un mensonge, qui avait assassiné le cœur de la cadette, trahison qu’elle n’avait su digéré. Qu’en était-il réellement aujourd’hui ? Sansa était-elle réellement morte ? Était-ce vraiment son cadavre ? On ne pouvait douter de cette vérité, hélas, le deuil avait été fait bien des années plus tôt, de sorte qu’il n’y avait désormais plus de larmes à verser, seulement un sentiment de perte définitif. Il fallait du temps pour accepter, pour s’en remettre définitivement, pour guérir de l’illusion et se séparer de l’espoir que Sansa reviendrait un jour, demain peut-être. Dÿluviah sentait qu’elle devait être forte, pas seulement pour elle, mais aussi pour le félin qui ne partageait que trop souvent son malheur. Il n’y avait aucune réelle raison à ce qu’il porte le monde sur ses épaules. Et comme un remerciement tacite, le félin vint passer la tête sous la main libre de l’aveugle, se débrouillant pour sentir ses doigts caresser sa petite crinière noire, caractéristique de l’espèce rare qu’il incarnait avec brio. Un instant bref de paix, avant de finalement profiter de la sympathie de l’homme de la terre pour mieux s’évader dans les rares fourrés. « Fais-lui confiance. » rassura t’il enfin, bien conscient que le fils Hemingway pouvait être bien plus qu’un simple guide.

Ses doigts s’étaient ancrés sur son bras, contact ferme, pourtant fébrile quelque part, accusant la peur de déranger l’homme par un tel geste. Son silence en disait à la fois bien trop et pas assez, la laissant dans l’incapacité de comprendre réellement ce qu’elle devait penser. Ses yeux auraient put autrefois lui indiquer les pensées d’autrui, mais plus maintenant, l’obligeant à se fier à la disposition du corps, au ressenti qui émanait de ce dernier… Hélas, elle ne percevait que la tension, faisant souffrir ses doigts, dérangeant son esprit guérisseur. Il n’y avait rien toutefois, qu’elle puisse faire sans l’accord de son guide, et plus encore, sans disposer d’une certaine proximité qui pouvait être bien mal interprétée à l’œil égaré. Aussi ne vint elle pas insister, préférant marquer son pas au sien, humant l’air humide qui embaumait l’endroit où ils se trouvaient. L’eau était présente partout, bien légère, mais avec une familiarité exquise… Elle n’aurait eu qu’à tendre la main et se concentrer pour extirper l’élément de cette terre conquise, s’en abstint pourtant, par respect pour cette nature quémandeuse, et bien plus encore pour l’amour dont les deux éléments pouvaient se porter mutuellement. Car il fallait bien être idiot pour ne pas le reconnaître : l’un avait besoin de l’autre comme le cœur a besoin de battre. C’était un ressenti admirable, magnifique, mais qu’elle préféra taire. « Éprouverais-tu la même chose pour ton guide ? » susurra le félin, pressant son corps contre sa jambe, sans qu’elle ne daigne lui accorder de réponse orale. Non, bien sûr que non. Les deux éléments avaient beau être amants, flirter et se mêler ensembles, il n’en allait jamais de même avec ceux qui les représentaient, comme un tabou, un interdit qu’il ne fallait surtout pas franchir pour ne pas provoquer la colère des hauts partis. Malgré tout cela pourtant, elle sentit le regard de l’homme se poser sur elle, comme si la requête qu’elle avait posée lui semblait irréaliste. L’était-elle vraiment ?

Pourtant, il commença à parler, à inciter la naïade à mêler l’imagination à la parole. S’il lui parlait de pins, elle ne pouvait que les voir dans sa mémoire, se remémorant les détails. L’air suffisait à lui confirmer la présence de ceux-là. Il lui était facile de se remémorer tout cela, et pourtant, elle rencontra une première difficulté, l’obligeant à pointer une mine interrogatrice sur la nouveauté dont elle ignorait tout, de la senteur à l’image. Une autre catégorie d’arbre ? Curiosité piquée, elle avait cessé tout travail d’imagination, écoutant avec une attention particulière les détails d’une telle merveille, jusqu’à ce que, sans qu’elle ne s’y attende, mais sans percevoir d’agressivité, sa main soit de nouveau volée pour caresser quelque chose d’inconnu. Elle n’avait qu’à écouter pour comprendre qu’il était en train de lui faire découvrir l’arbre en lui-même, ses doigts caressant la texture d’une feuille bien étrange. Il ne lui était pas difficile de découvrir le contour. Et tandis qu’elle se penchait pour sentir le parfum de cet arbre-ci, elle s’autorisa à poser des questions, enfin. « Quel est le nom de cet arbre ? A t’il des vertus thérapeutiques ? » Elle avait dérivé de l’homme, remontant la feuille pour découvrir la branche, jusqu’à se diriger vers le tronc et en caresser l’écorce. Il n’était pas question d’abîmer l’arbre s’il n’apportait rien d’intéressant à la médecine, mais par ce toucher, elle savait qu’elle serait capable de le réinventer dans son imaginaire. Et lorsqu’elle fut satisfaite, Delka se glissa sous sa main, maintenant son équilibre tandis qu’il se plaisait à la ramener vers l’homme. Il semblait vouloir lui faire sentir la terre, et si son nez capta quelques effluves, elle sentait plus particulièrement le passage de son propre élément par dessus. Mais plus encore… « C’est ce que je sens en permanence sur toi. C’est… apaisant. » Et innocemment dit. Se rendait-elle seulement compte de l’importance que possédaient ces mots pour elle-même ? Que son cœur se mit à battre avec plus de force dès lors que l’homme emprisonna ses doigts pour la mener vers le lieu de prédilection ? « N’est aveugle que celui qui veut l’être. » Hélas, elle ne tint pas compte de ces paroles savamment pensées, s’agenouillant finalement au sol pour mieux savourer le contact de la plante, sélectionnant les plus intéressantes, grattant avec douceur la terre, comme pour ne pas la froisser, ni même abîmer les racines. « Tu aimes beaucoup cet endroit n’est-ce pas ? » Question idiote peut-être, mais elle-même n’était pas une grande amoureuse de sa propre région après tout.
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MessageSujet: Re: So I’ll be needing you and I know you’d be needing me too [Axton]   Sam 26 Sep - 14:04



you're growing on me

and that's a mess

La confiance se tissait petit à petit. Comme le lierre qui mettait des mois à se développer sur le mur qui l’accueillerait, Axton parvenait à être un peu plus lui-même aux côtés de Dÿluviah. Antrakar le vivifiait et l’apaisait. Au milieu de ces arbres qu’il ne saurait pourtant pas contrôler de son élément, il retrouvait l’énergie qu’il avait perdue à Aleria. Fréquenter la fille de l’eau dans un autre endroit que la capitale destructrice était beaucoup plus facile qu’il ne l’aurait cru. Il s’habituait de nouveau à des réactions paisibles, à une assurance qui n’était pas parasitée par la paranoïa ambiante. Il n’avait plus à regarder par-dessus son épaule pour un potentiel péril, même Rhéa s’évadait de son rôle de chaperon. Il lui semblait même l’avoir aperçue en train de grignoter quelque fougère à une dizaine de mètres derrière eux, comme si elle souhaitait échapper au regard affuté de son maître. Il n’avait rien dit parce qu’il savait ô combien elle ne faillait jamais à son rôle. Le daemon avait aussi droit à un peu de liberté, un peu de spontanéité animale dont Delka faisait, lui, preuve à chaque minute. Peut-être avait-elle envié le félin dès le début, expliquant ainsi cette hostilité à son égard ? Axton regrettait parfois d’avoir involontairement mis une telle pression sur la moitié de son âme. Depuis près d’une quinzaine d’années, elle n’était pas seulement le reflet matérialité de son psyché mais elle actait comme un réel ange gardien qui veillerait sur la sainteté d’esprit et la santé physique de son humain. Certains avaient des relations relativement distantes, d’autres s’occupaient de leur daemon comme d’un animal de compagnie. Et avec le caribou, c’était quelque chose de bien plus spirituel que le fils Hemingway aurait parfois voulu éviter. Mais ici, il l’oubliait un peu. La jeune femme occupait toutes ses pensées, captivait toute son attention et sa curiosité. Alors, il se sentait un peu plus libre, tel l’individu unique qui saurait assumer ses propres actes et paroles. De temps en temps, il jetait des coups d’œil au guépard pour vérifier qu’il ne saccageait pas son environnement mais il devait se rendre à l’évidence : il était irréprochable. Jamais très loin de sa maîtresse, il se frottait régulièrement sous sa main, sous le bout de ses doigts ou sur le côté de sa cuisse pour attester de sa omniprésence. Au contraire de Rhéa, il ne semblait pas être le pilier indispensable mais le soutien indéfectible.

Tant bien que mal, Axton s’était lancé dans la description de l’univers qui les entourait. Il réalisait alors que dresser le portrait d’une chose chère était tout bonnement impossible à faire. Tout n’était qu’euphémisme, tournures maladroites et pâle reflet de la vérité. Cependant, Dÿluviah se montrait intéressée, passionnée par ce qu’il pouvait raconter. Elle ne fut même pas affolée quand il l’amena à découvrir par le toucher l’arbre caractéristique de la zone qu’ils visitaient. Encore frais était le souvenir de son geste brusque à son égard quand elle l’avait soigné après ses joutes puériles avec les badauds de l’auberge. Étrangement, il ne voulait plus être l’auteur d’une telle surprise, d’une telle réticence dont elle avait fait preuve quand il avait levé la main sur elle. A quoi bon être le sauveur lorsqu’on devenait bourreau ? Rhéa ria intérieurement à l’évocation de ce besoin d’être le héros de l’histoire, le preux surhomme que rien n’atteignait. C’était si faux... « On ne sait pas encore. Certains l’étudient mais on a remarqué que lorsqu’on cueillait nous-mêmes les feuilles, elle ne repoussait pas avant la prochaine mue, six mois plus tard. On se contente donc de ramasser celles qui tombent pour l’instant, on ne tient pas à se retrouver avec des arbres nus. » Ce qui serait le comble pour un territoire si fournie en végétation diverse et variée. « Figure-toi que pour l’instant, on les nomme les Capricieux, parce qu’ils n’apprécient pas réellement d’être tripotés. » Puis ce fut au tour de la terre d’être examinée. La terre abondait partout et tout le temps. Toujours humide, elle était toujours propice à la culture. Toujours généreuse, à Antrakar, elle ne laissait aucune zone aride. L’odeur était particulière et exhalait tous les éléments qui composaient cette si chère ressource – il se souvenait encore de la grimace d’une de ses sœurs, jeune à l’époque, qui n’avait pas apprécié la passion folle du frère pour les roulades boueuses. D’ailleurs, Dÿluviah ne manqua pas de lui rappeler que son odeur corporelle était souvent mêlée de terre, ce à quoi il ne put que hausser les épaules comme un aveu de culpabilité. « Pour certains, c’est le savon à la rose. » Pour lui, c’était la fusion avec son élément. Axton aurait pu vivre dans les bois en ermite, se contenter de ce que la nature sauvage offrait, des abris naturels qui se développaient ça et là sitôt qu’on savait les repérer. Malheureusement l’éducation stricte des Hemingway l’avait résolu à agir comme n’importe quel être civilisé. Néanmoins satisfait qu’elle trouvât l’odeur lénifiante, il la laissa faire sa récolte, en profitant pour s’asseoir à même le chemin. Il posa ses paumes à plat, recueillant à son tour toutes les vibrations que lui transmettait son don sismique. Dès qu’il le laissait s’exprimer, c’étaient des vagues entières qui le submergeaient et provoquait des frissons le long de son échine. Désormais, elles oscillaient entre la sensation de froid et de plaisir. « Bien sûr. Rien ne vaut chez soi. » Lui répondit-il, se montrant toujours dans la retenue. Il se sentait si utile ici alors qu’ailleurs, c’était l’impuissance qui régnait. Après tout, elle n’aurait jamais pu découvrir et cueillir tout ça sans son aide. Quand il estima que Dÿluviah avait fini, Axton se releva pour reprendre lentement sa marche. Chaque promenade était une nouvelle découverte. « Je ne suis jamais allé à Lumisol. Le paysage est-il aussi aquatique qu’on pourrait le croire ? »
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MessageSujet: Re: So I’ll be needing you and I know you’d be needing me too [Axton]   Lun 28 Sep - 11:03

AND I BELIEVE IN YOU
La fille de l’eau semblait revivre, oubliant à chaque pas un peu plus de ces soucis qui l’habitaient. Elle n’avait plus à s’inquiéter de surveiller ses arrières, tant son nom était désormais associé à la traîtrise, la rébellion… Elle n’avait plus besoin de trembler face au lieutenant de la nation du feu, dont les manières assidues ne la mettaient que trop mal à l’aise. Il lui semblait que cette escapade était la parenthèse dont elle avait tant besoin, jetant Aleria au loin. Antrakar, aux premiers abords, était telle qu’elle l’avait imaginée : paisible et pratiquement hors d’atteinte. Elle pouvait sentir différentes fragrances, toutes aussi apaisantes les unes que les autres, bien que celle de son guide soit la plus narcotique de toutes. Elle pouvait de même sentir que le guépard profitait de sa liberté passagère, reprenant goût à l’aspect sauvage dont ils étaient tous deux dotés lorsqu’ils étaient enfants. Elle pouvait le deviner prêt à bondir sur un insecte, tout comme elle le sentait passer sous ses doigts, rappel à l’ordre de son omniprésence… Ils étaient tant habitués à faire confiance l’un à l’autre, que dériver brusquement de ce rôle semblait inconcevable, hors de question. Ou était-ce la continuité de cette jalousie à l’égard du natif de la terre ? Il était bien le seul, l’unique, à pouvoir s’approprier la Lancaster de la sorte, à pouvoir poser ses paumes sans risquer l’attaque frontale, à pouvoir la porter et gagner les faveurs de la sauvée. Et la prochaine fois ? Où iraient-ils tous les deux, quand déjà la proximité ne pouvait être ignorée que d’un aveugle ? Mieux valait ne pas y songer, ne pas raviver l’angoisse par les craintes dont seul le guépard faisait preuve, dédaignant tout cela sous une caresse légère avant de bondir ailleurs, de se faufiler dans les hautes herbes en prenant garde à ne pas abîmer l’environnement, tel le bon chasseur qu’il représentait.

La belle cependant, était la proie de l’histoire, se laissant guider par Axton, buvant ses paroles en essayant d’imaginer ce qu’il voulait lui faire comprendre. Il n’y avait pas de mal à dessiner dans son esprit ce qu’elle entendait, mais la réalité, elle le savait, était certainement toute autre. Elle ne s’en plaignait nullement pourtant, découvrant par cette occasion, une facette du jeune homme qu’elle n’avait put capter lors de leurs derniers échanges. Il était aussi bienveillant qu’amoureux de sa contrée, elle pouvait le sentir dans sa voix, allant presque jusqu’à éprouver une pointe de jalousie : personne ne mettait autant d’émotions dans sa voix lorsque l’on parlait d’elle. Un pincement au cœur, mais pas assez tenace pour se maintenir, tandis que la curiosité prenait le dessus, les doigts caressant ce qu’on daignait lui faire toucher. Mais c’était autre chose qu’elle brûlait de découvrir, la seule qui lui était pour l’heure refusée, ce visage qu’elle souhaitait connaître, plus encore maintenant qu’elle découvrait l’homme dans son élément naturel. Il la touchait, d’une certaine manière, et elle souhaitait plus que tout découvrir les traits de son sauveur, de son guide, de celui qui parvenait à lui faire connaître d’autres émois qu’elle ne voulait pas apprendre, par peur de la cruelle déception. Une crainte partagée avec sa moitié d’âme, dont le museau flairait le dit arbre comme pour en déduire l’évidence. Dÿluviah se prit d’intérêt pour les explications, délaissant sitôt l’arbre à l’explication de son nom. Il aurait été dommage de vexer un arbre, simplement parce qu’elle souhaitait en connaître les contours ! Aussi s’en éloigna t’elle, gardant en tête les vestiges de son exploration, se promettant de même de suivre les études sur celui-là… Qui sait les prodiges dont cet arbre pouvait faire preuve ? Mais il y avait tant d’autres choses à découvrir ! Dans sa propre contrée, une fleur seulement valait tous les risques, une seule qui provoquait l’hardiesse chez l’amoureux. Pour le reste… il n’y avait que peu de verdure, seulement de l’eau à perte de vue. Mais le dialogue reprit, et elle ne put s’empêcher de sourire face à son acte, resserrant légèrement ses doigts sur son avant bras pour lui indiquer de ne pas s’en faire. Se serait-elle sentie plus rassurer s’il avait porté un autre parfum ? Pas le moins du monde. L’avouer en revanche, n’était nullement au programme, pas même dans ses pensées.

Elle s’attelait à la tâche, Delka prenant soin de lui indiquer quelles pousses étaient prêtes à être cueillies, lesquelles semblaient adéquates pour les huiles. Il avait été aussi assidue qu’elle durant les cours d’herbologie, se montrant d’un soutien indéfectible en toute circonstance. Il était celui qui repérait les meilleurs plants, mais elle seule était capable de juger réellement laquelle serait la plus adéquate à devenir une tisane, une huile ou un cataplasme. Et en cet instant, elle avait suffisamment de quoi faire pour les trois, notant mentalement de faire sécher dès leur retour quelques unes de ces pousse-jaune, afin de n’en perdre aucun gramme de leur vertu. Se relevant enfin, elle fut de nouveau guidée vers son compagnon de route, non sans essuyer ses mains pour ne pas lui mettre de terre dessus. Le rythme gagné, elle se détendit de nouveau, pinçant légèrement les lèvres face à la question qui lui était posée. « Il l’est, à perte de vue. Certaines habitations sont construites sur pilotis, de sorte à sentir les remous de l’élément… C’est agréable, tant que l’on a pas le mal de mer ! Mais nous sommes aussi bordés par les montagnes… C’est là-bas que l’on apprend à maitriser l’eau sous sa forme la plus solide. Mais personne ne vient à Lumisol, à moins de vouloir cueillir la rose des pôles…  » Une pause, tandis qu’elle se perd dans ses souvenirs. Lumisol, sa terre natale dont elle ne voit plus les changements… « Il faut venir l’hiver. À cette saison, les lacs gelés scintillent sous la lumière. Dans mes souvenirs, c’est un spectacle magnifique.  » Une pause de nouveau, tandis qu’elle se remémore les mythes, le temps ancien décrit par les ancêtres, celui où la nation de l’eau était chez elle partout, en harmonie parfaite. « Il n’y a pas de place pour les autres nations là-bas, alors que nous sommes chez nous un peu partout. Mais c’est la Terre qui a le plus besoin de nous, tout comme nous avons grandement besoin d’elle. Lumisol serait bien plus accueillante si nous avions de la verdure.  »
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So I’ll be needing you and I know you’d be needing me too [Axton]

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